15.05.2012
59 min

Une émission de Ludovic Chavarot, réalisée par Céline Ters

Casque d'encre
Casque d'encre Crédits : Ludchat - Radio France

« Louise Brooks est la seule actrice de l’histoire du cinéma qui se soit toujours insurgée contre cette nouvelle forme d’idolâtrie qui tend à réduire l’idéal humain- et singulièrement l’idéal féminin – à la copie conforme d’une image à laquelle chacun pourrait s’identifier sans risque. Et elle le dit… : pour une femme, fut-elle douée de la beauté du diable, il y aura toujours une autre manière d’exister que celle qui consiste à adhérer passivement au « rôle » que la société a préparé pour elle ».

Roland Jaccard

Dans les années 50, une génération de cinéphiles redécouvre Louise Brooks et Louis Langlois s’écrie: « Il n’y a ni Greta Garbo, ni Marlene Dietrich, il n’y a que Louise Brooks ».

Cette dernière, dans le film Loulou (Pabst 1929) déconcerte les spectateurs de l’époque par son jeu subtil et sobre, son allure indémodable et un érotisme noir et mystérieux. Le mythe Louise Brooks est né et ce n’est pas à Hollywood mais à Berlin dans la vieille Europe, que ce caractère hors-norme s’accomplit artistiquement.

Contrairement à son personnage Loulou qui passe d’hommes en hommes avec une passivité et une naïveté désormais légendaires, Louise ne fut jamais dupe du mirage hollywoodien et son refus du moindre compromis explique à priori la carrière météore de cette fille qui avait compris la première que derrière ses apparats d’or, Hollywood était une broyeuse d’âmes et d’individus …

Si Louise Brooks a participé à ce qu’on a coutume d’appeler « l’usine à rêves », ses mémoires, « Loulou à Hollywood » sont celles d’une femme qui a choisi de rester libre quitte à en payer le prix. Son regard distancié permet de comprendre comment le cinéma, ce nouveau médium a changé la donne pour les femmes. Elle explique avec intelligence ce nouveau commerce : vivre en vendant son image et démonte les mécanismes des créations auxquelles elle participe, mais reste comme un mirage, insaisissable. Plus on lit sur elle, plus le mystère s’épaissit.

Elle n’a laissé qu’un masque sur lequel artistes et cinéphiles projettent fantasmes et théories.

Dans un voyage à travers la peau nue du mythe, nous interrogeons donc le mystère Louise Brooks en entremêlant extraits lus de ses mémoires, reconstitution sonore de certaines scènes (muettes) emblématiques de ses films et interviews croisées d’écrivains, critiques et dessinateurs qui se sont à un moment ou à un autre laissés ensorcelés par la fille au casque d’encre.

Avec :

Nine Antico, auteur de « Coney Island Baby », Ed. L’associationRoland Jaccard, auteur de «Louise Brooks, portrait d’une anti-star » Ed. PhebusPhilippe Garnier, auteur de « L’oreille d’un sourd » Ed. GrassetJérôme Charyn, auteur de « C’était Broadway », Ed. Denoël

Et des extraits de « Lulu in Hollywood » de Louise Brooks, (Editions Pygmalion) lus par Garance Clavel

Et avec les voix de Eric Caravaca et Thibault Vinçon.

> A voir et entendre : un diaporama sonore mêlant les dessins de Ludovic Chavarot à des extraits des mémoires de Louise Brooks, "Lulu in Hollywood", lus par Garance Clavel > En bonus : quelques propos de Roland Jaccard sur l'inoubliable coupe de cheveux de Louise Brooks :

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