Naissance et illustration des premiers groupes de Vidéo d’intervention



13.02.2014
59 min

Un documentaire de Yaël Mandelbaum, Julien Marrant

Réalisation : Manoushak Fashahi Prise de son : Philippe Leduc, Etienne Leroy, Vincent RonetMixage : Michel Creis

(Rediffusion de Surpris par la nuit - Vidéo Out, Vidéo 00, Vidéo Cent Fleurs, Vidéa et Les Insoumuses... du 19/09/2006)

Carole et Paul Roussopoulos pendant la Marche de Besançon pour Lip
Carole et Paul Roussopoulos pendant la Marche de Besançon pour Lip Crédits : Association Carole Roussopoulos

Au commencement, il y a le portapack. première unité de vidéo légère 1/2 pouce lancée par Sony sur le marché américain en 1965. L'ensemble composé d'une caméra et d'un magnétoscope portable enregistre en noir et blanc. Cette même année, à NY, grâce à une Bourse de la Fondation Rockefeller, Nam June Paik, achète l'un des premiers portapack et l'inaugure en enregistrant le trajet en taxi de son atelier au café new-yorkais "Au Go Go". Le 4 octobre 1965, il y diffuse la bande accompagnée d'un tract intitulé "Electronic Video Recorder ». Il devient rapidement le chef de file de l'art video...

De l'autre côté du continent, il faut attendre 1967 pour que le portapack fasse son apparition dans le circuit commercial français. 1968, Jean-Luc Godard, Alain Jacquier et Chris Marker manipulent les premières caméras Sony 1/2 pouce pour réaliser des tracks bruts diffusés sous la forme d'un magazine intitulé Vidéo 5 dans la librairie de François Maspéro. 1968, Alain Jacquier encore, du Service de la Recherche de l'ORTF, installe à l'université Paris 8 - Vincennes et à l'Unité pédagogique 6 de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris le premier équipement en 1/4 et 1/2 pouce permettant le tournage et le montage en 1 pouce Ampex puis I.V.C.

Très rapidement, en Europe comme sur le continent américain, des collectifs vidéo apparaissent. Artistes, groupes d'actions, ateliers de recherches, organisations militantes et de quartier, tous se servent de la vidéo comme moyen d'expression, de communication ou de revendication... Le champ d'expérimentation est vaste.

En France, dès 1970, une poignée de jeunes gens s'emparent de ce nouvel outil. Une dizaine de collectifs, au total. Ils ont réalisé à eux tous une production continue sur les luttes les plus marginales aux titres souvent provocateurs : « Y'a qu'à pas baiser », « Les prostituées de Lyon parlent », « Maso et miso vont en bateau », « Chronique des Lips »... sur le droit à l'avortement, le féminisme, les minorités homosexuelles, le nucléaire, l'autogestion... A travers l'expérience du collectif vidéo « Mon Oeil » qui regroupait les groupes les plus prolixes : Vidéo Out, Vidéo 00, Vidéo Cent Fleurs, Vidéa et Les Insoumuses, nous avons souhaité revenir sur le contexte de création de ces collectifs, les mode de production des premiers vidéogrammes et les réseaux de diffusion... Pourquoi pendant 10 ans, pratique et usage vidéo ont été liés aux mouvements sociaux contestataires ? Comment ils contribuèrent à reccueillir, communiquer, diffuser des idées nouvelles et en même temps à construire une pratique vidéo ?

Remerciements au Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

www.centre-simone-de-beauvoir.com

28 place Saint Georges 75009 Paris tél : + 33 (1) 5332 7508

A la mémoire de Carole et Paul Roussopoulos, et des pionniers de la vidéo légère aujourd’hui disparus.

Avec

Carole Roussopoulos et Paul RoussopoulosJean-Paul FargierDanielle JaeggiAnne-Marie FaureIoana WiederMarcel MoiroudAndré Grasset



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