Les investissements qataris en France : bouffée d'oxygène ou risque d'asphyxie ?



22.03.2013
44 min

Elle est svelte, très élégante, vêtue souvent d’un voile léger, avec des lunettes fumées digne d’une star hollywoodienne. Lui a perdu 40 kilos dit-on et peut se promener en bras de chemise sur les Champs-Elysées sans que les passants ne le reconnaissent.

Ce couple est pourtant l’un des plus riches de la planète. L’émir du Qatar, petite péninsule de 11 000 km carrés qui s’avance dans le Golfe Persique et qui a d’ailleurs gagné sur la mer des territoires d’une prouesse architecturale saisissante. L’émir et sa jolie (et très influente) épouse Cheikha Moza voient grand.

Depuis la conquête du pouvoir par cette nouvelle génération, dans les années 90, le petit émirat accroît son influence.

Les gisements gaziers qu’il partage avec l’Iran, son voisin tant redouté, lui assurent une fortune enviable. La main d’œuvre immigrée, exploitée de façon éhontée, n’y est pas pour rien. L’émir et les familles qui dirigent le pays investissent donc massivement : dix milliards d’euros en France par exemple, pour les entreprise du CAC 40 – un fonds banlieue qui capote - mais qu’importe, il y a aussi le soft power, du PSG à Al Jazeera. De quoi s'assurer une renommée mondiale.

Sans parler d’un jeu diplomatique osé, où Doha finance les révolutions libyennes et syrienne.

"Les investissements du Qutar en France : bouffée d’oxygène ou asphyxie ?" Reportage signé Hakim Kasmi.

Aux oubliettes le fonds pour les banlieues ?

Où en est le fonds d'aide proposé par le Qatar au printemps dernier pour soutenir les entrepreneurs en banlieue ?

Officiellement le dossier est entre les mains de la caisse des dépôts et du ministère du redressement productif, chez Arnaud Montebourg.

Les chefs d'entreprises l'attendent toujours, et aimeraient bien profiter de cette enveloppe de 50 millions d'euros pour développer leurs projets.

A l'image de Yassine Jazeri.

C'est ancien cadre de Microsoft vient de créer ça startup et il a besoin de financements pour développer ses sites internet dédié aux supporters passionnés de foot.

Il répond à Hakim Kasmi :

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Lors de notre visite au MENA Economic Forum de Sharjah, avec Amirouche Laïdi chef d'entreprise et qui dirige également le Club Averroès nous sommes revenus sur les raisons qui poussent les jeunes Français issus de l'immigration à venir travailler dans les Emirats :

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Abderrahmane Fodil est installé à Dubaï depuis cinq ans avec sa femme et ses enfants.

Diplômé de Centrale Paris comme il avait du mal à trouver du travail en France, il a tenté sa chance aux Emirats.

Aujourd'hui, il travaille dans le secteur de la finance et ne regrette pas son choix :

Intervenants :

  • Christian Chesnot : journaliste au service étranger de France Inter
  • Laurence Louër : chercheuse à Sciences Po, CERI, spécialiste des monarchies du Golfe, rédactrice en chef de la revue Critique Internationale depuis 2006


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