Qatar. Une politique étrangère ambitieuse mais complexe et contradictoire



22.03.2013
11 min

Moyen-Orient n° 16
Moyen-Orient n° 16 Crédits : Moyen-Orient n° 16
Qatar, la statégie de l'ogre
Qatar, la statégie de l'ogre Crédits : ed

Le Qatar représente un cas d’école diplomatique, tant la cohérence de sa politique étrangère est difficile à établir. Les expressions utilisées par la grande presse internationale l’illustrent : « Le grand écart », « Janus », etc.

Coincé entre l’Arabie Séoudite et l’Iran, en compétition sur certains dossiers avec les Émirats arabes unis, profitant du relatif effacement diplomatique de l’Égypte (avant et depuis la chute du président Moubarak), il est immensément riche (surtout, de son gaz). Mais sa fortune n’explique à elle seule cette « diplomatie du portefeuille » qui est souvent ambivalente quand elle ne paraît pas contradictoire.

La chaîne El Djezira est souvent considérée comme militante et détone par sa franchise et sa spontanéité dans le paysage audio-visuel officiel du monde arabe, mais elle s’interdit tout débat houleux sur le régime.

L’émirat a accueilli un bureau de représentation commerciale israélien, mis il défend les Palestiniens (visite de l’émir à Gaza en octobre 2012). Il prône la modération politique, mais il a financé la rébellion libyenne en 2011, ainsi qu’il assiste et arme la rébellion syrienne. Un bureau de représentation des talibans se trouve à Doha, mais il entreprend des médiations ou offre ses bons offices (Soudan-Darfour, Éthiopie-Érythrée, États-Unis-talibans, Liban en 2008). Il abrite une importante base militaire américaine, mais la France y dispose aussi de facilités considérables.

Est-ce donc une osmose complexe entre la stratégique d’influence et la stratégie d’action (mélange de Hard et de Soft Power) ? Quelle part accorder au pragmatisme, à l’opportunisme ?

Agnès Levallois est spécialiste du Moyen-Orient



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