Comment les ordinateurs ont pris possession des marchés financiers



02.03.2013
45 min

Il y a plus de deux ans, nous avions consacré avec l’économiste Paul Jorion une émission au trading à haute fréquence, ces échanges de flux financiers ultra-rapides qui sont effectués par des algorithmes et donc, des ordinateurs. Nous y revenons aujourd’hui. Il y a au moins trois bonnes raisons à le faire. D’abord c’est un sujet important, et dont on ne mesure pas l’importance. Ensuite parce que le sujet est entretemps devenu politique. Pendant la discussion qui a précédé le vote de la réforme bancaire adoptée en première lecture le 19 février dernier par l’Assemblée, a été évoquée la question du trading à haute fréquence. Et puis, on sent monter, même aux Etats-Unis, dans la bouche d’économistes reconnus, une critique de ces pratiques. Ce serait la deuxième raison. La troisième, c’est la parution d’un ouvrage : 6, paru il y a quelques semaines aux éditions Zones sensibles. 6 élargit la question du trading à haute fréquence en racontant l’arrivée des ordinateurs dans les marchés financiers, comment d’instruments ils deviennent des acteurs, jusqu’à agir de façon presque autonome. Une histoire passionnante et effrayante dont nous allons discuter aujourd’hui avec l’auteur de 6.

Alexandre Laumonier
Je dis l’auteur de 6, mais il n’est, à en croire le dispositif littéraire du livre, que le porte-parole d’un algorithme de trading à haute fréquence : Sniper (@sniperinmahwah - son blog) Fondateur des éditions Zones sensibles, jeune maison d’éditions qu'il dirige, dont j’invite les auditeurs et auditrices à aller voir le catalogue tant il est prometteur.

Marc Lenglet
Dirige le département Management, stratégie, systèmes de l’European Buisiness School de Paris, où il enseigne également. Il est l’auteur de plusieurs travaux sur le trading à haute fréquence, notamment dans Comprendre les marchés financiers paru à La Documentation française.

Deux articles l'un en français, l'autre en anglais, que Marc Lenglet a bien voulu rendre disponible, les voici donc en PDF, merci à lui :

Lecture de la semaine

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logo InternetActu.net Crédits : Radio France

Les objets intelligents nous rendent-ils bêtes ?
La lecture de la semaine, il s’agit de la dernière production du chercheur biélorusse Evgueny Morozov, elle est parue dans le Wall Street Journal il y a quelques jours et s’intitule « les objets intelligents nous rendent-ils bêtes ? », un texte qui fait écho, de manière très critique à l’émission que nous avons consacrée il y a trois semaines à l’Internet des objets. Morozov prend pour commencer l’exemple d’une poubelle intelligente créée par un groupe de designers britanniques et allemands. A chaque fois que vous en ouvrez et refermez le couvercle, cette poubelle prend une photo qui permet l’analyse de vos déchets, et elle partage cette photo avec vos amis Facebook. [...] Suite.

Le bureau Jean-Jacques aux abonnés absents
Xavier m'a envoyé cette question par mail... il m'a encouragé à lire le récit de ce cas d'espèce anodin en apparence mais tout à fait révélateur. Google Suggestion l'outil du moteur de recherche qui complète les mots que l'on est en train de taper, comporterait un biais, ça alors : en l'occurrence, taper Jean-Jaques R... ne permettait pas de se voir suggérer Rousseau. Ne cherchez pas, tout est rentré dans l'ordre après la parution de cet article et sa reprise sur France Inter. Google, qui a fait sa réputation sur la neutralité de son Pagerank, son algorithme de tri des résultats selon leur popularité, ne serait donc pas si objectif que ça ? [...] Suite.

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Vous le savez sans doute, Daniel Darc est mort mercredi. Pas grand-chose à voir avec les cultures numériques, si ce n’est que les décès prennent une couleur différente à l’heure des réseaux. Darc meurt et pendant une soirée, je revisite sa discographie, je me fabrique mon petit hommage, où j’évite d’écouter « Chercher le garçon », le tube qu’il avait chanté avec Taxi Girls, pour préférer rejouer en boucle « c’était mieux avant », extrait de l’album La taille de mon âme, qu’il avait sorti en 2011. Sublime morceau où l’on retrouve le récit murmuré, presque inaudible d’une époque de dope, de nuits longues et d’envie de se jeter par la fenêtre. Une époque que Darc n’a jamais complètement quittée.



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