Digital labor : portrait de l'internaute en travailleur exploité



08.12.2012
45 min

Quelle horreur : donner à une émission un titre en anglais. Pourquoi ne pas dire tout simplement « travail numérique » ? Eh bien parce que ça ne veut pas dire la même chose. Parce qu’en parlant de « digital labor » on parle d’une notion qui n’a pas encore d’équivalent en français, et qui commence à peine d’ailleurs à s’imposer dans le champ des études sur le numérique. Et parce que le point de départ de cette émission est un ouvrage, Digital Labor The Internet as playground and factory ("Digital labor : Internet comme aire de jeu et usine"), qui consiste en un recueil d’articles dirigé par Trebor Scholz (qui enseigne la culture et les médias à la New School). De quoi s’agit-il ? Il s’agit de constater l’apparition sur les réseaux d’activités qui, en tant qu’elles produisent de la valeur, peuvent s’assimiler à du travail (comme faire des recherches sur Google ou poster un lien sur Facebook). En gros, mais nous allons le préciser, ce serait ça le « digital labor ». Mais à partir de ce constat, bien des questions se posent : de quelle nature est la valeur de ce travail ? Et peut-on parler d’exploitation, puisque nous ne sommes pas rémunérés pour ce travail ? Est-ce que nos vieux cadres d’analyse, à commencer par l’analyse marxiste, nous permettent de penser ce qui se joue là voire, de nous fournir des armes politiques pour lutter ?

Une bibliographie et des liens sur le sujet sélectionnés par Antonio Casilli ci-dessous. D'autres sur le site digitallabor.org
Yann Moulier-Boutang
Enseigne les sciences économiques à l’Université de technologie de Compiègne et dirige la revue Multitudes. On le connaît notamment pour avoir théorisé la notion de « capitalisme cognitif » à laquelle il est bien souvent fait référence dans le champ de l’économie numérique. Et sur twitter.

Antonio Casilli
Enseigne les humanités numériques à Télécom ParisTech, Chercheur associé au Centre Edgar-Morin (EHESS), il est l'auteur de Les Liaisons numériques (Seuil) et a dirigé le numéro spécial "Cultures du numérique" de la revue Communications. Il tient le blog bodyspacesociety. Et sur twitter.

Lecture de la semaine

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logo InternetActu.net Crédits : Radio France

Surcharge informationnelle : combattre l’irrationalité par l’irrationalité
La lecture de la semaine provient du quotidien britannique The Guardian, on la doit à Oliver Burkeman qui est le correspondant à New-York du journal. Le titre de son papier : « Pour lutter contre la surcharge informationnelle, trompez-vous vous-mêmes. ». GMail, le service mail de Google, a ajouté une nouvelle fonctionnalité du nom de “Inbox pause”, qui permet quelque chose de très simple – mettre en pause l’arrivée de nouveaux mails – mais ce service représente aux yeux de Burkeman une nouvelle phase de la guerre de longue haleine que nous menons contre la surcharge d’information. [...] Suite.

Le son Whispering and relaxing music on piano - ASMR
Fleurit sur le web une production de vidéos rassemblée sous l’acronyme ASMR, pour Auto-Sensory Meridian Response. Il s’agit en gros de plonger le spectateur dans un état de douce contemplation en lui parlant tout bas, en lui faisant écouter des sonorités minimales (du papier que l’on froisse, des ongles qui tapent sur une planche de bois, quelques notes sur un piano…). Le tout filmé en gros plan, et d’une durée jamais inférieure à une dizaine de minutes. Des sites entiers recensent ces vidéos, on en discute, se les partage etc. Et ça fonctionne. Elles provoquent une sorte de fascination, dont on ne sait pas si elle ressortit à leur puissance relaxante ou à une grammaire d’image qui les fait ressembler à ce que l’honorable correspondant qui m’a alerté sur ce phénomène a qualifié de « porno sans sexe ».

Le bureau They own the cables
A qui appartiennent les câbles de l'internet en France ? Vraiment, c'est ça la question ? Mais je ne comprends pas, il veut connaître la part de tuyaux qui revient à Orange, la part qui revient à SFR, à Numericable etc. ? Idéalement pour répondre à cette question il faudrait que je puisse scanner la surface terrestre… idéalement, ce scan ferait apparaître la matérialité du réseau sous nos pieds... idéalement cette cartographie du réseau souterrain aurait un code couleur qui renverrait aux noms des différents opérateurs télécoms, fournisseurs d'accès à internet, opérateurs de transit, fabricants de câbles etc. [...] Suite.

Place de la Toile - #pdlt

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