Enseignement et vulgarisation sont-ils menacés par un illettrisme scientifique?



25.11.2011
58 min

M. Alberganti, M-F Chevallier le Guyader, H. Wismann, J-M Monteil, D Miraton, M. Girel
M. Alberganti, M-F Chevallier le Guyader, H. Wismann, J-M Monteil, D Miraton, M. Girel Crédits : Olivier Dargouge - Radio France
Régulièrement, l’information est reprise par les médias : 15% des élèves qui entrent en sixième ne savent pas vraiment lire et 25% ont de graves lacunes dans ce domaine. On peut entendre par ailleurs qu’un tiers des Américains ne croient pas à la science. Outre-Atlantique, de nombreux parents d’élèves réclament ainsi l’enseignement, à égalité, de l’Intelligent Design et de la théorie de l’évolution de Darwin. En France, comme dans de nombreux pays dits développés, les filières scientifiques attirent de moins en moins les étudiants qui leur préfèrent des voies moins difficiles et aux perspectives plus rémunératrices. De tels choix relèvent, bien entendu de multiples considérations, mais on peut se poser la question d’une sorte de rupture de communication entre le grand public et la science. Notre partenaire, l’IHEST, est allé jusqu’à poser la question d’un illettrisme scientifique, thème de son université d’été de cette année, organisée à Gréoux-Les-Bains.

L’hypothèse d’un illettrisme scientifique fait débat dans la mesure où, face aux indicateurs dont je viens de rappeler certains, il en existe d’autres qui délivrent un message opposé. Les livres de science continuent à être largement imprimés et vendus. Les lieux de vulgarisation scientifique, tels que de ceux d’Universcience, pas plus que les expositions qu’ils organisent, ne souffrent de désaffection. La Fête de la Science attire chaque année un large public et l’audience des émissions scientifiques de Radio France, sur France inter et France Culture, révèlent un appétit intact du public pour les questions de science, parfois même les plus pointues. Nous en faisons régulièrement l’expérience avec Science Publique.

L’illettrisme scientifique est-il une réalité sociologique ou bien s’agit-il d’une perception biaisée par d’autres facteurs qu’une incapacité du public à comprendre la science actuelle ?

Si ce phénomène existe, quel rôle joue l’enseignement dans son développement et se distingue-t-il d’un illettrisme ordinaire ?

Quelles sont les responsabilités des scientifiques eux-mêmes dans les difficultés que peut rencontrer le grand public face à la vulgarisation de la science ?

La défiance de la population vis-à-vis des impacts de la science sur la société est-elle alimentée par une incompréhension du travail des chercheurs ou bien révèle-t-elle, au contraire, qu’elle en saisit fort bien les limites et, de ce fait, qu’elle est sensible aux risques de dérapage de leurs applications ?

Enfin, comment améliorer la relation entre science et société à travers le perfectionnement d’un langage commun permettant de lutter contre l’illettrisme scientifique ?

Avec Marie-Françoise Chevallier Le Guyader, directrice de l’IHEST, Mathias Girel, maître de conférences, Ecole normale supérieure (ENS Paris), conseiller technique de l’IHEST, Didier Miraton, ancien gérant du groupe Michelin, Jean-Marc Monteil, professeur au CNAM, Chaire des sciences du comportement et applications, Heinz Wismann, philosophe et philologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)

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