Japon : dans l’épicentre de la catastrophe du 11 mars 2011 (1/2) : "Sendai : survivre après le désastre"



05.03.2012
54 min

Premier volet d'une série de deux documentaires produits par Michel Pomarède et réalisés par Jean-Philippe Navarre

Panneau annonçant les zones de tsunamis
Panneau annonçant les zones de tsunamis Crédits : Jean-Philippe Navarre - Radio France
11 mars 2011, 14H46. Le nord-est de l’archipel du Japon est secoué par un séisme de magnitude 9. Une magnitude jamais atteinte. L’épicentre est situé à 120 km sous la mer, au large de la ville de Sendai. Les secousses durent 2 minutes 30. Quelques 10 minutes plus tard, un gigantesque tsunami, avec des vagues qui atteignent 20 mètres à certains endroits, s’abat sur les côtes du Tohoku, ravageant ports et villages. Le lendemain, le toit de la centrale nucléaire de Fukushima s’effondre, provoquant des rejets massifs de radioactivité. Bilan de la triple catastrophe : 20 000 morts (15 000 corps et 5000 disparus). Un an après la triple catastrophe, qualifiée de « plus grave crise depuis la seconde guerre mondiale » par le premier ministre de l’époque Naoto Kan, France Culture donne la parole à ceux qui ont vécu le drame et qui essaient de reprendre le cours de leur vie.« Je ne pouvais pas me tenir debout, dans ma maison, la statue de Bouddha est tombé alors j’ai su que c’était grave ». Celle qui parle est une vieille femme de Sendai qui habitait à quelques kilomètres du rivage. Un an plus tard, elle regarde les restes de sa maison et les champs aux alentours, dédiés à la culture du riz et des légumes, remplis de détritus. C’est à la périphérie de Sendai que l’on comprend la force du séisme et du tsunami. A l’intérieur de cette ville de 1 million d’habitants, onzième du Japon par sa population, les traces de la catastrophe à l’aéroport ou dans la zone industrielle ont disparu. Sur les côtes, ce sont arbres et poteaux électriques coupés en deux, carcasses de voitures empilées, terres de désolation.Les normes sismiques qui ont fait la réputation du Japon ont contribué à sauver un maximum de vies, malgré la force du tremblement de terre, explique l’architecte local Daisuke Suzuki. Ce dernier déplore comme d’autres que l’on ait oublié les leçons du passé. A 4 km du rivage, il y a un petit sanctuaire shintoïste édifié au moyen-âge pour marquer la limite au-delà de laquelle il est dangereux de construire des habitations. En mars 2011, les eaux sont entrées jusqu’à 3 km dans l’intérieur des terres. Le sanctuaire est resté intact…Cette catastrophe a dévasté la région du Tohoku traditionnellement considérée comme la base arrière en cultures vivrières pour Tokyo. La capitale nippone n’a pas connu de dégâts. A Tokyo, les bonnes volontés se sont manifestées en masse pour venir en aide aux survivants, en lieu et place des pouvoirs publics.Un an après, la catastrophe marquera peut-être une césure dans la psyché japonaise : une prise de conscience que le lien entre Japonais est fort et surtout que la douleur a le droit d’être exprimée sans qu’elle soit regardée comme une manifestation de faiblesse. Une révolution dans un pays où la culture de la honte pousse les plus démunis au suicide…Avec :à Sendai : une grand-mère réfugiée dans une maison de fortune

Yaiko Maetani, qui monte une pièce musicale pour venir en aide aux sinistrésDaisuke Suzuki, architecteFumihiko Imamura, spécialiste des tsunami à Tokyo : Saijo Takeo, professeur en psychologie à Tokyo, responsable du Fumbaro Project Suimei Morikawa, psychiatre à Médecins du Monde Japon.

Production : Michel Pomarède

Réalisation : Jean-Philippe Navarre

Coordination au Japon : Nicolas Ito



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