Japon : dans l’épicentre de la catastrophe du 11 mars 2011 (2/2) : "Kirikiri : un village face au tsunami"



06.03.2012
54 min

Second et dernier volet d'une série de deux documentaires produits par Michel Pomarède et réalisés par Jean-philippe Navarre

Kirikiri un an après
Kirikiri un an après Crédits : Michel Pomarede - Radio France
Kirikiri, cette onomatopée évoque en japonais le grincement des grains de sable sur lesquels on marche…Kirikiri, c’est le nom d’un petit port de 600 habitants situé sur la côte de l’île du Honshu, à 150 km de Sendai. Face au pacifique, tout au bout de la route 45 qui ne mène plus nulle part, survivent les habitants de ce village frappé par des vagues de vingt mètres de haut. La digue de six mètres a été fracassée en plusieurs morceaux et cent soixante personnes sont mortes. Des deux cents bateaux de pêche que comptait Kirikiri, il n’en reste aujourd’hui que deux. Sur la plage, des monceaux de débris hauts comme des terrils, dans le ciel, des nuées de buses… Gens de Kirikiri est le titre d’un roman publié en 1981 par l’écrivain Hisashi Inoue. Ce dernier, après une visite sur place, fut frappé par la force et le sens de l’autonomie des habitants. A son retour à Tokyo, il écrit une fiction autour de cette ville qui, désenchantée par le gouvernement central à Tokyo, déclare son indépendance au Japon… Et de fait, les habitants de Kirikiri ont été livrés à eux-mêmes dès le lendemain du séisme. La grande ville voisine, Otsuchi, a été ravagée par les flots. Les secours s’y sont mobilisés.Dès le 12 mars donc, les habitants de Kirikiri ont géré l’après catastrophe grâce à un « comité pour les mesures contre le séisme » : un groupe de huit citoyens a pris les décisions pour rechercher les victimes, brûler les morts, déblayer les routes. Des survivants souhaitaient, comme le veut la tradition bouddhiste, se retrouver 49 jours après la période de deuil pour prier au temple bouddhiste Kichijōji,épargné par le tremblement de terre. Takahashi Eigo, le prêtre a alors fait appel à toutes les bonnes volontés : il n’avait pas de fleurs pour honorer les tombes. L’un des premiers à entendre son appel est Norishige Osuka qui travaille comme musicien à Tokyo et dont les parents habitent à Kirikiri. Deux jours après le séisme, il arrive sur les lieux pour constater que la maison de son enfance n’est plus qu’un amas de ruines. Pour se donner du cœur à l’ouvrage, il compose sur une guitare cassée, au milieu des débris, une chanson intitulée Arukimasho « Allez, on continue ».Il lance avec sa femme le Kirikiri Genki Project : « Pour que Kirikiri revienne à la vie ». Objectif : réunir des fonds pour acheter des fleurs. Le 29 avril, Norishige, sa femme et des musiciens ont apporté 4500 fleurs au temple. Un an après le tsunami, le couple habite sur place, sur les décombres de la maison familiale, et a ouvert le Ape Café. Les habitants de Kirikiri sont fidèles à la fiction d’Inoue…Avec : Norishige, chanteur venu de Tokyo, Eigo Takahashi, le prètre du temple Kichijoji Kanichi Azumaya et d’autres membres du comité citoyen, Mashiko Haga, bûcheron.

Production : Michel Pomarède

Réalisation : Jean-Philippe Navarre

Coordination au Japon : Nicolas Ito



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