Christian de Portzamparc (1/5)



19.11.2012
27 min

Christian de Portzamparc
Christian de Portzamparc
Par Virginie Bloch-Lainé. Réalisation : Clotilde Pivin. Prise de son : Christophe Goudin. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

Christian de Portzamparc, né en 1944, est architecte et urbaniste – la ville et la façon dont on y vit, y travaille, y circule, sont la colonne vertébrale de son travail. Nous lui devons le Château d’eau de Marne La Vallée (1974), le quartier des Hautes Formes, dans le 13ème arrondissement à Paris (1979), La Cité de la Musique à La Villette, (1995), la Tour de Lille (1995), l’ambassade de France à Berlin (2003), le siège du quotidien Le Monde (2005), la Tour LVMH à New York (1999), et bientôt seront achevés à Rio de Janeiro une Cité des Arts, à Casablanca un immense théâtre, et à New York, une nouvelle tour et un nouveau quartier.

C’est au milieu des années soixante que Christian de Portzamparc, né à Casablanca et élevé en province, fait ses études d’architecture. Il est élève des Beaux-Arts, à Paris. Pendant qu’il dessine et apprend l’histoire de l’architecture, l’Europe entière se presse de construire les grands ensembles et les villes nouvelles. Il faut remplacer les bidonvilles, reconstruire après les ravages de la guerre et s’adapter au baby boom. On construit au plus vite, en suivant les doctrines de l’architecture moderne dont ce sont les derniers feux. Christian de Portzamparc, que les murs des ateliers des Beaux-Arts ne rendent ni sourd ni aveugle, comprend, avec d’autres architectes de sa génération, que la ville court à la catastrophe. Les ateliers d’architecture se scindent entre progressistes et conservateurs. Ces derniers s’accommodent de l’architecture fonctionnelle des années 1960, quand les premiers pensent qu’il existe une troisième voie, entre la ville classique et les barres. Puis Mai 68 arrive et la rumeur court que l’architecture du futur est dans l’auto-construction : à chacun de se débrouiller avec son kit. Tandis que certains étudiants renoncent à la pratique pour la théorie, Christian de Portzamparc part sur le terrain et essaie de trouver cette troisième voie. Elle consiste notamment, comme il nous l’explique dans cette série d’A voix nue, à ouvrir : plus de cours à l’arrière des immeubles, invisibles de la rue, et le moins possible de hauteurs écrasantes.

Au cours de ces cinq entretiens, Christian de Portzamparc nous raconte son entrée en scène à un moment critique de l’histoire de l’architecture, le coup d’éclat que fut la Cité de la Musique qui fit passer son équipe de sept à cent personnes, la genèse de ses projets et la façon dont l’architecte travaille en fonction du corps, animal, qui est le nôtre.

1) Les dons de l'architecte

Intervenants :



Ecouter le direct
Le direct