La Fondation d'entreprise Ricard pour l'art contemporain, présidée par Philippe
Savinel et dirigée par Colette Barbier, poursuit depuis plus de dix ans le
mécénat de la Société Ricard en faveur de la jeune création, dans le domaine des
arts plastiques.
Cet engagement en faveur de la jeune scène artistique
française, initié par Paul Ricard, précurseur en matière de mécénat culturel a
été distingué par la médaille de « Grand Mécène du Ministère de la Culture ».
Cette distinction consacre le soutien apporté par la Fondation d'entreprise
Ricard à toute une génération d'artistes émergents à qui elle a donné les moyens
de produire et montrer leurs projets dans un espace d'exposition adapté,
redessiné en 2007 par les architectes Jakob+MacFarlane.
Patrick Javault reçoit l’artiste Jim Shaw et Jean-Philippe Antoine, philosophe et critique d’art..
Jean-Philippe Antoine, Jim Shaw et Patrick Javault© Fondation d'Entreprise Ricard
S’il est un artiste pour lequel la formule «construire une œuvre» n’est pas usurpée, c’est bien Jim Shaw. Non seulement, il produit un nombre impressionnant d’œuvres en séries, mais il doit d’abord imaginer le support narratif sur lequel fonder ces séries. Après avoir consigné pendant plus de dix ans ses rêves pour en faire la matière de dessins, peintures ou objets, raconté l’histoire de Billy («My Mirage»), Jim Shaw a, au tout début du vingt-et-unième siècle, conçu son plus ambitieux projet: la création d’une religion, l’O-isme sur le modèle du mormonisme et des religions nouvelles qui ont accompagné la naissance des Etats-Unis. A l'intérieur de cette vraie-fausse religion, avec ses mythes fondateurs, ses rites, ses figures, l’artiste offre une lecture de la modernité picturale, ainsi que de la société américaine depuis les caravanes de l’Ouest jusqu’au tea parties. Dans cet univers dans lequel entrent aussi ses rêves et centres d’intérêts, à travers notamment la production de tableaux de brocantes («Thrift Paintings») comparables à ceux qu’il a longtemps collectionnés et exposés, la figure imaginaire d’Adam O.Goodman occupe une place particulière. Ce peintre, auteur d’une œuvre sérieuse de tableaux abstraits, géométriques mais empreints de spiritualité, est aussi l’auteur sous le pseudonyme d’Archie Gunn de peintures pour affiches de films O-istes. L’entreprise de Jim Shaw touche à l’histoire, à la politique et à l’anthropologie en révélant des trésors d’imagination et une prodigieuse liberté. Elle offre un tableau des Etats-Unis et de son inconscient, et agit comme un révélateur du culte de l’art, et de la façon dont s’y entrecroisent révélation, prophétisme, génie et succès, mais également dogmes et interdits. Rarement on aura mené si loin l’insertion de la fiction dans la réalité, fait entendre autant de voix différentes au sein d’une œuvre relevant encore des arts visuels, et conçu, d’exposition en exposition, un tel développement narratif, s’apparentant à un cycle. Après «Left Behind», magistrale exposition présentée en 2010 au Capc, Jim Shaw est de retour en France pour une nouvelle exposition d’inspiration O-iste à la galerie Praz-Delavallade.
Enregistré le 8 septembre 2011.
Thèmes : Exposition| Arts et lettres| Jim Shaw / Introduction à l'O-isme | Arts graphiques
Mots-clés : Fondation d'entreprise Ricard| Jim Shaw| Jean-Philippe Antoine| Introduction à l'O-isme



