Cultures et Conflits n°52 - "Les entreprises para-privées de coercition : de nouveaux mercenaires ?" 
Comment analyser et nommer les entreprises qui « vendent de la sécurité
», au-delà du gardiennage et de la sécurité de la propriété privée des
individus ? Comment comprendre le phénomène de la « privatisation » de
certaines fonctions dites régaliennes concernant les activités de
police, de renseignement, de contrôle des personnes aux frontières, de
vente d’armes, de conseil en stratégie et opérations « anti-subversives
»?
Ce numéro de Cultures & Conflits vise à discuter et à renouveler le
débat en cours en montrant les apories des discours de légitimation des
pratiques de certaines de ces entreprises qui essaient de se fondre dans
un continuum d’entreprises de « protection » en banalisant leurs
activités comme si aider et porter la guerre à l’étranger était dans la
suite logique de la pose d’une porte blindée par un particulier effrayé,
à tort ou à raison, par ce qu’il croit être la montée du crime.
L’axe central de ce numéro est de faire resurgir un certain nombre de
questions passées sous silence par le faux débat sur "quel est le
meilleur et le plus légitime acteur en matière de coercition et de
sécurité internationale : l’Etat ou le marché ?" Mais, quelle est donc
la socialisation des membres du personnel des entreprises de coercition
para-privée ? Comment étudier la stratégie de délégation contrôlée des
gouvernements à ces entreprises para-privées qui leur permettent
d’envoyer des forces sans le déclarer, ou d’augmenter les contingents
dans certains domaines ou certains territoires qui sont plus illégitimes
ou plus dangereux que d’autres ? C'est à ces questions, entre autres,
que les auteurs de ce numéro, issus d'horizons professionnels divers,
tentent de répondre en posant les jalons d'une analyse renouvelée de ce
que l'on pourrait appeler les formes contemporaines du mercenariat.
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28.07.2010 - Contre-expertise | été 10
Prospérité des mercenairesIl y a 20 ans, au cœur de l’été, le 2 août, l’Irak envahissait le Koweït, avant de faire machine arrière, balayée par une puissante « tempête du désert ». 13 ans plus tard, une coalition internationale, emmenée par les Etats-Unis prenait durablement pied entre le Tigre et l’Euphrate, au nom de la promotion de la démocratie et de la lutte contre des menaces aussi inquiétantes que ...

