Face aux crimes du marché - Quelles armes juridiques pour le citoyen ? 
Au cours des dernières décennies, l'extension sans freins de la
mondialisation s'est accompagnée de la multiplication des violations, directes
ou indirectes, des droits humains de la part de ses acteurs principaux,
multinationales et grandes institutions financières. Les atteintes à la santé
publique et à l'environnement, notamment, sont de plus en plus graves, sans que
les victimes aient les moyens d'obtenir des réparations et, a fortiori,
la sanction des responsables, faute d'un droit international adapté.
C'est ce
défi que prend à bras-le-corps dans ce livre l'avocat William Bourdon, en
s'appuyant sur une solide expérience en matière de lutte contre l'impunité des
acteurs non étatiques. En mobilisant de nombreux exemples, du drame de Bhopal en
1984 au combat récent des travailleurs forcés de Total en Birmanie, il montre
tous les obstacles auxquels se heurtent aujourd'hui les luttes des victimes de
la mondialisation. Dont le moindre n'est pas - grâce en particulier aux paradis
fiscaux - l'opacité des lieux de pouvoir, servant l'irresponsabilité des
coupables.
Surtout, il explique les illusions des solutions le plus souvent
préconisées : la revendication d'un Tribunal pénal international pour les droits
économiques et sociaux, sur le modèle de la Cour pénale internationale ; ou, à
l'inverse, les multiples initiatives « éthiques » des multinationales - codes de
conduite, chartes de développement durable, etc. - pour s'affranchir de toute
contrainte externe. Et grâce aux acquis de l'association Sherpa, il explore, de
façon novatrice et souvent provocatrice, les voies nécessairement plurielles qui
permettront de faire face aux nouvelles formes d'impunité nées de la
mondialisation.
Parution : février 2010
Nb de pages : 336
Prix : 23 €
ISBN : 9782707144850
Dimensions : 135 * 220 mm
Façonnage : Broché
William Bourdon, avocat au barreau de Paris, est notamment l’auteur de La Cour pénale internationale et le statut de Rome (Seuil, 1999).
Préface
Le défi du droit face aux multinationales, par Mireille
Delmas-Marty
Du « droit des marchands » aux nouveaux instruments de lutte
contre les illégalismes du marché
Comment sanctionner les illégalismes des
multinationales ?
Un état des lieux d’une gouvernance mondiale en mutation
1. Du cas Nestlé au drame de Bhopal
Nestlé « contre les bébés »
Contre-offensive de Nestlé et boycottage
Fin de la controverse ?
Le
bras de fer Nestlé/Unicef
Une multinationale intouchable ?
Le crime de
Bhopal, une réparation impossible
L’interminable combat des victimes
2. Des procédures contre les multinationales
L’Alien Tort
Claims Act, une procédure spécifiquement américaine
Un bilan plus que
mitigé des procédures
Contre Texaco, une procédure prometteuse
L’ATCA
contraint parfois à des transactions
L’ATCA, un outil menacé ?
L’action
de Human Rights Watch contre des firmes pétrolières en Colombie
Un combat
(très) inégal
Des multinationales allergiques aux mises en cause
judiciaires
Le bilan en demi-teinte de l’ATCA
3. Le parcours du
combattant des victimes de la mondialisation
Trop souvent, les victimes
ignorent le droit
Radicalisation et sanctification des victimes, un double
piège
Le défi de la professionnalisation des ONG
Que faire face au
chantage à l’emploi ?
Le danger de la privatisation de la société civile
Les « think tanks » éthiques américains et le risque de la pensée unique
4. L’arsenal juridique contre la criminalité financière, un leurre
?
Les restitutions d’argent détourné
Les paradis fiscaux, un succès
qui ne se dément pas
Une culture de l’impunité, de plus en plus difficile à
éradiquer
Les instruments juridiques de la lutte anticorruption
Un
dispositif français encore insuffisant
À quoi servent les chartes
anticorruption ?
Les propositions des ONG
Le 11 septembre 2001 n’a rien
changé
La criminalité financière, maladie congénitale du capitalisme
5. Des crimes contre l’humanité aux crimes d’inhumanité
Sur le
chemin d’une justice mondiale…
…qui peine à s’universaliser
La
démocratie « à géométrie variable » promue par les États-Unis
L’obsession
sécuritaire, un nouveau danger
L’humanisation de la mondialisation à
l’épreuve du « deux poids deux mesures »
Un droit national inadapté
Les
multinationales, « docteurs Jekyll et Mr Hyde » de la mondialisation
Un TPI
pour les droits économiques et sociaux ?
Les instruments onusiens de
protection des droits humains
6. Soft law ou hard law
?
Fondements et enjeux de l’affrontement
Le capitalisme peut-il se «
moraliser » ?
L’impossible conciliation entre éthique et profit ?
Les
limites du soft law
ONG-entreprises, des partenariats à double
tranchant
Les partenariats Casino/Amnesty et Carrefour/FIDH
Un droit
international du travail à mi-chemin entre soft law et hard law
La finance au secours de l’éthique ?
7. Soft law et responsabilité
sociale des entreprises
Le bilan décevant des « principes directeurs »
de l’OCDE
Quelles évolutions possibles pour les « principes directeurs » de
l’OCDE ?
Les timides avancées des normes internationales
Le torpillage
organisé du projet de normes de l’ONU sur les multinationales
Pour les
multinationales, un droit international privatisé
Le soft law au
secours des États défaillants : les initiatives de Shell et de Total
La
poudre aux yeux des « codes de bonne conduite » des multinationales
L’ONU et
Global Compact, meilleurs alliés du marché ?
Le soft law l’emporte à
Bruxelles
L’irréductible ambiguïté de la « petite révolution » du soft
law
8. Les enseignements de l’affaire Total en Birmanie
La
genèse d’une plainte
Risques pour les plaignants
Rencontres en Thaïlande
Le chantier du gazoduc de Yadana
Une plainte combinant droit
international et droit national
Les conditions qui ont permis la transaction
Des leçons pour l’avenir
9. Quel rôle pour la société civile : (1)
les défis des ONG
Forces et limites du mouvement altermondialiste
Le
défi de la mobilisation des victimes
Le nécessaire aggiornamento des ONG
La difficile question de la « gouvernance » des ONG
Décoder la
communication éthique du marché
Le droit d’ingérence éthique et
écologique
Pour une responsabilité des institutions financières
10.
Quel rôle pour la société civile : (2) le risque de la privatisation
La
puissance anesthésiante des grandes fondations américaines
La société civile
entre privatisation et radicalisation
Des devoirs communs à la
coresponsabilité
Le grand défi des pays émergents
Conclusion
Face au cynisme, l’arme du droit
L’impossible
autorégulation du capitalisme
Imposer le principe de précaution
Le pire
n’est jamais sûr
Postface : Trente-neuf propositions pour une régulation
des entreprises transnationales
Niveau externe national : l’entreprise
transnationale (ETN) dans son pays d’origine
Les outils d’aide à la
décision pour les ETN - Les outils de contrôle des ETN - Les outils de
réparation des atteintes aux droits humains et à l’environnement
Niveau
externe international : l’ETN dans ses pays d’implantation
L’adaptation
du cadre juridique à l’internationalisation des entreprises - Les outils de
prévention des atteintes aux droits humains et à l’environnement - Les outils de
réparation des atteintes aux droits humains et à l’environnement
Niveau
global : l’ETN et la communauté internationale
L’adaptation du droit des
affaires aux enjeux du développement durable - La nécessaire création d’outils
de prévention - La protection et l’information des consommateurs - L’adaptation
des instances internationales de résolution des litiges - Le financement du
développement
Notes
« Le crime d'inhumanité ? Il vise une multinationale coupable d'avoir laissé
l'une de ses filiales lointaines polluer une rivière, tuer une population. Des
textes de loi aujourd'hui réactivés ont permis de mettre au pas les grands
cyniques: Nike, Toyota, Areva, et bientôt les firmes pharmaceutiques qui
réalisent, en douce, des essais médicamenteux sur les populations d'Afrique. Aux
manettes de cet implacable réquisitoire, William Bourdon détaille chaque
scandale, depuis l"affaire Nestlé", responsable dans les années 1970 de milliers
de diarrhées mortelles de nourrissons dans le Tiers-monde pour avoir détourné
les femmes de l'allaitement dans le seul but de vendre son lait en poudre. Les
victimes de la déforestation ou de l'extraction pétrolière peuvent saisir la
justice désormais. Le monde change. »
LE NOUVEL OBSERVATEUR
«
La moralisation peut-elle sauver le capitalisme ? Faudra-t-il compter sur les
jeux du marché pour que les multinationales se soucient des droits sociaux et
environnementaux ? La responsabilité citoyenne de ses dirigeants
constituera-t-elle un fonds de commerce susceptible de donner un tour nouveau à
une mondialisation tant décriée ? En revenant sur les grandes batailles
judiciaires engagées notamment contre Nike, Total, le diamantaire De Beers ou
Coca-Cola, l'ouvrage de l'avocat William Bourdon dresse le bilan des actions
engagées contre les entreprises par une société civile qui s'organise
péniblement. De ces actions a émergé une panoplie de labels ou d'étiquettes
"vertes ou bleues", assurant le consommateur de la validité morale du produit.
Les grandes entreprises ont entrepris la rédaction de chartes de bonne conduite.
Les Nations unies réfléchissent à leur côté pour mettre en oeuvre des règles
d'engagement - non contraignantes. Des alliances parfois "incestueuses"
entretiennent une "humanisation de façade", selon l'auteur, qui déplore
l'amateurisme d'ONG, considérant "trop souvent qu'être mandataire des
souffrances est une compétence en soit". »
LE MONDE
« Ce livre,
c'est un peu le récit de David contre Goliath: les citoyens contre la masse
gigantesque des multinationales. Dans la lutte, un homme, William Bourdon,
avocat au barreau de Paris, et un ouvrage: Face aux crimes du marché -
Quelles armes juridiques pour les citoyens ? Le titre, faussement
interrogateur, laisse place à un véritable réquisitoire. C'est pourtant loin des
tribunaux que se fait l'argumentaire. [...] L'ouvrage se fonde sur une
connaissance sans failles de la justice internationale et sur l'expérience de
son auteur dans des batailles qu'il a menées contre des multinationales. Un
instrument utile. »
POLITIS
« Des victimes de Bhopal aux
travailleurs forcés de Total en Birmanie, sur quels moyens juridiques les
populations peuvent-elles s'appuyer pour faire valoir leurs droits lorsque
ceux-ci sont bafoués non par un Etat, mais par une grande entreprise
multinationale ? C'est la question à laquelle répond l'avocat William Bourdon
dans son dernier livre, qu juge les solutions proposées, type Tribunal pénal
international, assez illusoires. »
SINÉ HEBDO
« "Face au
cynisme, l'arme du droit", écrit l'avocat William Bourdon dans son dernier
ouvrage. Comment se défendre face aux violations des droits humains dans un
monde mondialisé où les instruments juridiques et la force publique ne sont pas
toujours adapté pour combattre ces attaques ? Les exemples ne manquent pas,
surtout en matière de santé publique ou d'environnement: drame de Bhopal,
affaire Texaco en Amazonie, travailleurs forcés de Total en Birmanie, ou encore
le scandale des paradis fiscaux. C'est à partir de ces affaires que William
Bourdon s'interroge sur les moyens de sanctionner ces crimes du marché et
analyse les propositions émises aujourd'hui. Il doute que la création d'un
tribunal pénal international pour les droits économiques et sociaux d'un côté ou
l'instauration de chartes éthiques moins contraignantes de l'autre, puissent
présenter à elles seules des solutions efficaces. L'avocat milite plutôt pour
des solutions hybrides, ajoutant que sans une régulation juridique du
capitalisme et la défense du principe de précaution, il sera difficile d'offrir
aux citoyens des armes juridiques efficaces. »
REGARDS
« En
reportage aux Philippines pour La Vie, en 2008, nous avions été frappés
par l'ampleur de pratiques illégales (pollutions liées à l'exploitation minière,
pêche industrielle près des côtes...) qui causent des dégâts écologiques et
sociaux sans aucune sanction. Affaire de passivité, voire de corruption, des
pouvoirs locaux ? Sans doute. Mais le livre de William Bourdon pointe une autre
raison: le droit international est inadapté à la mondialisation. [...] Un livre
qui échappe aussi bien à la simple dénonciation qu'aux voeux pieux sur le
développement durable. »
LA VIE
« Que faire face aux crimes des
multinationales et des institutions financières? L'avocat William Bourdon passe
en revue les différentes armes juridiques pour lutter contre l'impunité dont
jouissent ces acteurs de la mondialisation. En multipliant les exemples
d'actions judiciaires engagées contre Nestlé, Nike, le diamantaire De Beers ou
Coca-Cola, il dresse le bilan du travail mené par nombre d'ONG contre ces
entreprises. L'auteur montre les évolutions qui ont rendu possible l'obtention
d'un dédommagement de travailleurs forcés birmans de la part de Total, mais
aussi, à l'inverse, le foisonnement d'initiatives "éthiques" des multinationales
- codes de bonne conduite, chartes de développement durable - qui visent surtout
à les affranchir de toutes contraintes externes. »
ALTERNATIVES
INTERNATIONALES
« Voici un ouvrage qui déplaira aux tenants de la
mondialisation. l'avocat parisien William Bourdon connu pour avoir dénoncé les
pratiques de Total en Birmanie ou le patrimoine immobilier de trois présidents
africains en France, s'attaque ici aux conséquences humaines, sanitaires,
écologiques et économiques du business sans frontières. Ses cibles ? Nestlé,
Chevron-texaco, Nike, Shell et bien d'autres encore... [...] dans ce livre dense
- et un peu militant - il avance 39 propositions pour un meilleur contrôle des
multinationales. La démarche peut paraître utopique, mais elle a le mérite
d'exister, et de faire écho à la belle citation de l'écrivain Francis Scott
Fitzgerald: "On devrait pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir et
cependant être décider à les changer. »
L'EXPRESS
Law against market abuse
Globalisation has produced an escalation in threats to public health and the environment. Victims have difficulty in obtaining compensation because of the lack of an appropriate international criminal law and the culprits go unpunished. Lawyer William Bourdon exposes the problems that confront these victims, analyses the selected solutions and suggests some courses of action to actively fight these new forms of impunity.
William Bourdon, a lawyer and Paris barrister, is the author of La Cour pénale internationale et le statut de Rome (Seuil, 1999).
Contact : d.ribouchon@editionsladecouverte.com
Tel. : + 331 44 08 08 84 35
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03.06.2010 - La Fabrique de l'humain│09-10
Que peut le Droit?Que peut le droit ? À en croire des auteurs comme Karl Marx et Charles Péguy, pas grand chose. Faute de conditions matérielles permettant de les exercer, les droits « ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise » disait Marx, comme aurait pu dire Péguy, après lui. Le droit, en effet, n’existe que sous certaines conditions, et que dans la mesure où se ...


