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La Projection du monde : cinéma et philosophie Syndiquer le contenu

La projection du monde est un classique de la réflexion cinématographique, le premier livre consacré au septième art par un philosophe de renom. Connu par ses écrits sur Wittgenstein, Austin, Emerson et Thoreau, Stanley Cavell est le promoteur d'un retour en amont vers une authentique philosophie américaine, longtemps recouverte par les influences européennes, et dont l'une des caractéristiques essentielles consiste dans la reconnaissance et l'acceptation de l'ordinaire. Il était inévitable qu'un art aussi enraciné dans la vie et aussi spécifiquement américain que le cinéma constituât un chapitre de cette méditation.
Partant de sa propre expérience de cinéphile au temps de l'âge d'or des studios hollywoodiens, Cavell souligne la spécificité d'un medium qui, à la différence des arts traditionnels, sut conserver un contact vivace avec un vaste public. Lecteur attentif des textes de Bazin et Panofsky, il propose une ontologie originale fondée sur d'innombrables souvenirs de films.
Le livre témoigne également de la difficulté à rétablir un contact authentique avec le cinéma quand, d'occupation ordinaire et ludique, il devient objet de réflexion. Anticipant sur les méditations européennes (celle de Jean-Luc Godard en particulier) de la conscience de cette perte, La projection du monde ouvre au cinéma l'espace du philosophique, et impose en retour au philosophe la nécessité de reconnaître l'importance du cinéma.

- Présentation de l'éditeur - (date de publication : 5 mai 1999)