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Les prophéties du texte-Léviathan : lire selon Melville Syndiquer le contenu

Moby Dick est peut-être avant tout un grand roman sur la lecture. Car le lecteur de Melville, quel qu'il soit, est déjà inclus, compris dans le texte.
Toujours plus gonflé, le livre-monstre, véritable Léviathan textuel, semble engloutir le monde et avaler jusqu'à celui qui l'ouvre, tel un nouveau Jonas. Le texte-baleine, absorbant aussi d'autres corps écrits (des nouvelles comme L'homme paratonnerre ou Moi et ma cheminée, des romans comme Israël Potter ou Pierre et les ambiguïtés), présente ainsi d'innombrables allégories de la lecture, décrite en termes de pêche, de cartographie, de navigation, de fuite, de naufrage ou de percée.
Si un tel livre ne saurait donc être simplement lu, c'est qu'il lit à son tour : non seulement ses propres lecteurs, mais aussi la Bible, ou encore le Léviathan de Hobbes et sa théorie de l'Etat. Et dès lors, ce qui s'envoie ou se promet, c'est une dimension prophétique du lire. Elle se lèvera dans le vent de la tempête et annoncera la venue de l'avenir.
- 4ème de couverture - (date de publication : novembre 2004)

  • Idées

    19.05.2006 - Macadam philo | 05 - 06
    Commentaires: Moby Dick, le roman-océan

    Par Raphaël Enthoven
    Réalisation: Brigitte Bouvier

    Quelle meilleure image de la vie que cet équipage polyglotte et païen - cette tour de Babel flottante - conduit par un imprécateur unijambiste à la recherche d'un animal invincible ? Aucune allégorie n'est plus éloquente que ce roman-fleuve - ce roman-océan - qui va dans toutes les directions mais n'a qu'un seul objet, une seule issue ...