William James, penseur libre 
L’œuvre scientifique et philosophique du grand intellectuel bostonien William
James, frère aîné du célèbre homme de lettres Henry James, reste plus que jamais
d’une brûlante actualité. Créateur à Harvard du premier laboratoire de
Psychologie expérimental des USA, il fut un des premiers adeptes des théories de
Darwin qui l’influencèrent pendant toute sa carrière. Il écrivit dans une langue
admirable un monumental traité de psychologie qui eut un grand retentissement.
Aujourd’hui encore, les idées scientifiques qu’il expose de façon rigoureuse
dans les Principles of Psychology nous apparaissent pertinentes et profondément
novatrices.
Il fut, et reste encore, un des plus grands philosophes
américains et ami de Bergson. Auteur du célèbre « Pragmatisme », il y expose une
méthode permettant non seulement de résoudre les controverses métaphysiques,
mais aussi toutes les situations de la vie où un choix doit se faire entre
plusieurs alternatives. Il convient, dit-il, de chercher quelles sont les
conséquences pratiques pour l’homme de chacune des alternatives possibles et
d’opter pour la meilleure d’entre elles. Ennemi de toute pensée dogmatique,
William James est un pluraliste optimiste et volontariste. Pour lui, le « bien
est possible » car nous sommes libres.
L’œuvre de William James est cependant
loin d’être une promenade paisible dans le jardin enchanté des sciences. Le
héros de ce livre est, en effet, le contraire du chercheur cloîtré dans une
sorte de monastère du savoir, bardé de certitudes et de convictions. Ce n’était
à part entière ni un biologiste, ni un médecin, ni un psychologue, ni un
philosophe, mais un peu de tout cela, car aucune de ses approches scientifiques
ne répondait seule à sa fièvre assoiffée de connaissance. Hanté par les
séquelles morales de la guerre de Sécession, il était angoissé devant un gouffre
s’ouvrant sur l’inconnu et l’indicible. Il fut un chercheur profondément
incarné, en quête d’un absolu inaccessible.
Note de l'éditeur
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08.07.2010 - La Fabrique de l'humain│09-10
William James, le père du pragmatismeCe qu’il y a de troublant avec la philosophie américaine, c’est qu’il n’est nul besoin de l’avoir lue pour en avoir une idée. C’est un peu comme le chewing-gum qui a débarqué avec les soldats américains au port de La Rochelle en 1910, et qui fut distribué à tout va aux Français ébahis. Il est connu de tous - le chewing-gum - mais une majorité de personnes pense qu’il a rejoint l’Europe ...

