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Théâtre des idées

Théâtre des idées

Fondé sur des interventions dialoguées d'intellectuels, le Théâtre des idées contribue à éclairer certaines questions soulevées par la programmation et à construire un espace critique en résonance avec les thématiques abordées par les propositions artistiques du Festival...

Gymnase du lycée Saint-JosephIsabelle Lassalle © Radio France

Fondé sur des interventions dialoguées d’écrivains, d’artistes, d’historiens, de philosophes, d’anthropologues ou de sociologues, le Théâtre des idées contribue à éclairer certaines questions soulevées par la programmation et à construire un espace critique en résonance avec les thématiques abordées par les propositions artistiques du Festival.


Conception et modération Nicolas Truong.

Enregistrements en juillet 2011.

 

 

 

 

 

- Révolution et démocratie : la nouvelle Méditerranée

Insoupçonnables révoltes arabes. Un homme en colère s'immole par le feu et une région s'embrase. Depuis le suicide de Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010, le monde arabe est porté par un inextinguible souffle d'émancipation. De la Tunisie à l'Égypte, de la Syrie au Yémen, les peuples clament leur besoin de liberté d'expression. Comme si, de l'autre côté de la Méditerranée, et sans crier gare, les peuples faisaient basculer le monde de l'actualité à l'Histoire. Ces bouleversements ont obligé l'Occident à regarder autrement le monde arabe, qui fait la démonstration d'un extraordinaire courage civique, d'une remarquable inventivité démocratique et d'une distance attentive à l'égard de l'islamisme politique. Quels sont les ressorts de cette mobilisation qui change la donne de la Méditerranée ? Sur quelles constitutions va déboucher ce formidable élan d'émancipation? Car ces mouvements ne sont pas des révoltes, mais des révolutions. Quels que soient les nuages qui assombrissent les insurrections du «printemps arabe », toutes inaugurent un nouvel âge de la contestation (ainsi Facebook a-t-il fait basculer la contestation du côté du militantisme virtuel). Si le régime d'Hosni Moubarak tenta de couper internet et les réseaux sociaux afin de plonger le pays dans le chaos, il précipita paradoxalement les manifestants dans la rue. Et pour autant, cette «révolution du Nil » n'a pas vu émerger de leader ou de figures tutélaires. S'agit-il de « révolutions post-léninistes », c'est-à-dire de soulèvements sans partis ni idéologies ? Et pour quelles raisons le gouvernement français s'est-il autant aveuglé sur ces régimes totalitaires, en confiant la  coprésidence et le secrétariat général de l'Union pour la Méditerranée à Moubarak et à Ben Ali ?

 

Avec Jalila Baccar, auteure et comédienne et Gilles Kepel, politologue.

 

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- L'autre voie : comment lutter contre la tentation réactionnaire ?

L'Europe est saisie par une récession économique qui s'accompagne d'une régression politique. Selon Edgar Morin, l'Europe n'est pas seulement un projet politique inachevé, mais ce qui semblait irréversible, comme ses fondations économiques et la monnaie unique, est menacé. L'Europe, dont on pouvait espérer une renaissance de créativité, se montre stérile, passive, incapable de la moindre initiative. Pire, des partis xénophobes et racistes qui prônent la désintégration de l'Union européenne sont en activité. Selon le sociologue, « la marche vers les désastres va s'accentuer dans la décennie qui vient. À l'aveuglement de l'homo sapiens, dont la rationalité manque de complexité, se joint l'aveuglement de l'homo demens possédé par ses fureurs et ses haines». La mort de la pieuvre totalitaire a été suivie par le formidable déchaînement du fanatisme religieux et du capitalisme financier. Toutefois, les décompositions sont nécessaires aux nouvelles compositions et, un peu partout, celles-ci surgissent à la base des sociétés. Partout, les forces de résistance, de régénération, d'invention se multiplient, mais dispersées, sans organisation et sans centres. Ce qui autorise l'indigné Stéphane Hessel et le montreur de voie Edgar Morin à espérer en une nouvelle humanité. Car si le progressisme historique a du plomb dans l'aile, d'innombrables insurrections pacifiques peuvent aboutir à une métamorphose politique.

 

Avec Stéphane Hessel, écrivain et ancien diplomate et Edgar Morin, sociologue et philosophe.

 

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Thèmes : Débat| Politique| Théâtre des idées| Prospective| Idées

Mots-clés : Théâtre des idées| Festival d'Avignon| Edgar Morin| Jalila Baccar| Gilles Kepel| Stéphane Hessel