La Bibliothèque publique d’information, associée au Centre Pompidou, est un établissement public national d’accès libre et gratuit en plein cœur de Paris. Elle propose, en plus des livres, des documents de natures diverses (films, enregistrements sonores, bibliothèque numérique) couvrant tous les aspects du savoir. Depuis son ouverture en 1977, elle complète cette offre documentaire en perpétuelle évolution par la programmation régulière de colloques et débats portant sur l’actualité culturelle, sociale et politique, et d’autres manifestations très variées dans leur forme :expositions, ateliers de lecture, etc.
Trajectoires russes ©BIBLIOTHEQUE PUBLIQUE D'INFORMATION
… et quand plus rien ne subsiste, il faut partir. Á l’étranger, tchoujbina, en exil, v izgnanié, des mots terribles en russe. Après 1917, la Russie a connu plusieurs vagues d’émigration. La première fut celle de ceux qui refusèrent la dictature bolchévique, la deuxième, à la fin de la seconde guerre mondiale, celle des prisonniers soviétiques, des « personnes déplacées », qui refusaient de rentrer dans leur pays, et la troisième, dans les années soixante-dix, qui fut celle des émigrés politiques soviétiques, des intellectuels juifs, des « dissidents »... Paris, « le café de l’Europe », la France, furent souvent le but lointain de ces trajectoires. Déjà au XIXe siècle et au début du XXe, une diaspora russe était présente. Mais la révolution de 1917 allait donner une nouvelle visibilité à l’émigration russe en France. Les chiffres sont éloquents : 9 338 Russes en 1851, 25 000 en 1908, près de 400 000 en 1924… Chaque vague compta son lot d’écrivains en fuite, de bannis, Bounine, Berberova, Remizov, Tsvetaeva, Zamiatine, Nabokov… puis plus tard Markish, Soljénitsyne, Brodski, Axionov,
Nekrassov, Maximov, Siniavski, Guinzburg, Heller, Etkind,… Par une ruse de l’Histoire, leurs mots ont été pris dans la spirale du temps et il a suffi que l’URSS implose pour qu’ils retrouvent leurs lecteurs dans leur ancienne patrie. À la veille de 2017, il faudra plus que des discours récupérateurs pour dire que ces écrivains de l’exil ont été la vraie chance de la Russie et de sa littérature. Et qu’on en a été souvent redevable à la France. En cette année croisée France-Russie, il était bon de le rappeler.
- Autour de l’œuvre de Marina Tsvetaeva
Avec Véronique Lossky et Nicolas Struve
Une table-ronde animée par Leonid Livak
- L’exil, une chance pour l’écriture?
Avec Nicolas Bokov, Leonid Guirchovitch, Irina Muravieva
Une table-ronde animée par Anne Coldefy-Faucard.
Enregistré le 28 novembre 2010.
Thèmes : Histoire| Arts et lettres| Trajectoires russes | Littérature
Mots-clés : Bpi| D’encre et d’exil| Trajectoires russes



