Temps de crise ou crise du Temps ?



25.10.2012

Du 24 décembre 2012 au 4 janvier 2013, Antoine Mercier reçoit dans le Journal de 12h30 un intellectuel pour aborder la question de la crise et du temps. Retrouvez ici l'entretien de chaque jour dans sa version longue :
Le mot grec Krisis désigne le jugement, le tri, la séparation. Il indique un moment décisif dans l’évolution d’un processus incertain. Il se conclut soit par la guérison, la sortie de crise, soit par une disparition, la fin d’un temps.

La crise aujourd’hui ne semble pas avoir de fin. Elle déploie ses effets sans qu’on aperçoive de porte de sortie. Elle est devenue une norme à laquelle nous paraissons contraints de nous adapter indéfiniment.

Le temps
Le temps Crédits : guillaume bonnefont / IP3 / MaxPPP - Radio France

Dans ces conditions, peut-on encore parler de crise au sens propre du terme ?

A moins que de notre rapport au temps soit, en lui-même, la cause de notre incapacité à sortir de l’ornière ?

Les événements qui se succèdent ne s’inscrivent plus dans une perspective ou un projet. Ils se déroulent inéluctablement et semblent s’imposer sans que nous ayons notre mot à dire. Nous sommes submergés par la contrainte du présent sans possibilité de construire un avenir. La pression de l’instant nous fige dans l’impuissance.

Et si l’enjeu de notre époque résidait dans notre capacité à sortir du présentéisme pour reconstruire une temporalité que l’homme puisse de nouveau habiter ?

Lundi 24 décembre Myriam Revault d'Allonnes, philosophe.

Myriam Revault D'Allonnes
Myriam Revault D'Allonnes Crédits : SL - Radio France
C’est votre dernier livre qui m’a donné l’idée de cette série.

Son titre : « La crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps. » Publié aux éditions du Seuil.

Car cette idée de « crise sans fin » correspond bien à la perception que l’on peut avoir lorsque l'on déroule tous les jours le fil de l’actualité.

Depuis la crise dite du pétrole en 1974, on ne cesse de parler de crises et celles-ci se succèdent depuis à un rythme de plus en plus rapide.

Au point qu’aujourd’hui, le sentiment prévaut que l'on ne peut plus en sortir. La crise bancaire de 2008 s’est traduite par une crise financière qui s’est transformée en crise de la dette avant de revenir dans le réel produisant un ralentissement l’activité économique qui engendre à son tour de nouveaux deficits.

Mais la crise, selon vous, « ne rend pas seulement compte d’une réalité objective mais aussi d’une expérience vécue. Elle dit la difficulté de l’homme contemporain à envisager son orientation vers le futur. » Et c’est là que l’on revient à l'expérience moderne du temps qui constitue la toile de fond de notre actualité.

Que nous est-il arrivé ?

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Mardi 25 décembre Miguel Benasayag , psychanalyste

Miguel Benasayag
Miguel Benasayag Crédits : Abdelhak el Idrissi - Radio France
Auteur avec le biologiste Pierre-Henri Gouyon d’un essai intitulé « Fabriquer le vivant ? » et sous-titré « ce que nous apprennent les sciences de la vie pour penser les défis de notre époque ».

La crise que nous traversonsest-elle en rapport avec notre manière d’habiter le temps ?

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Mercredi 26 décembre Tobie Nathan, diplomate, écrivain et professeur de psychologie

Tobie Nathan
Tobie Nathan Crédits : Radio France
Professeur des universités, écrivain et diplomate, auteur d’une trentaine d’ouvrages de psychopathologie et d’anthropologie. A ce titre il est un spécialiste de la manière dont les hommes habitent leurs temps.

Qu’est-ce qui caractérise aujourd’hui notre rapport au temps?

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Jeudi 27 décembre Claudia Moatti, historienne

Claudia Moatti
Claudia Moatti Crédits : Nathalie Lopes - Radio France
Claudia Moatti bouscule le bel ordonnecement de cette série en nous disant d'abord qu'il n'y a pas de crise du temps ou du moins qu'elle n'est pas première .

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Jeudi 27 décembre Nicole Aubert, sociologue

Il suffit de jeter un coup d'oeil sur les titres de vos récents ouvrages pour se rendre compte que la réflexion que nous menons dans cette série est au coeur de vos recherches."Le culte de l'urgence " sous-titré "la société malade du temps " "L'individu hypermoderne ", "Le coût de l'excellence " avec Vincent de Gaulejac. Et plus récemment "les Tyrannies de la visibilité " sous-titré : "être visible pour exister ".Le société malade du temps. Nous voulons maîtriser le temps et ce faisant nous le perdons.

Votre constat aujourd'hui sur cette question ?

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Lundi 31 décembre Serge Latouche, économiste

Serge Latouche
Serge Latouche Crédits : Abdelhak el Idrissi - Radio France
Votre dernier essai s’intitule "Bon pour la casse : les déraisons de l’obsolescence programmée ".

Votre réflexion touche au cœur de notre thématique cette année, puisque nous réfléchissons sur notre rapport au temps et sur les liens entre crise et temps.

S’il y a bien une réalité qui nous renvoie directement et concrètement au sujet, c’est bien celle de l’obsolescence programmée.

Phénomène dont nous avons tous l’expérience mais dont nous ne sommes pas toujours conscients qu’il est, comme son nom l’indique, une pratique volontaire de la part des industriels qui consiste à nous vendre du périssable plutôt que du durable.

Vous racontez dans votre livre l’histoire de ce concept et vous explorez les différentes formes qu’il a prises  :

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Mardi 1er Janvier Philippe Corcuff, maître de conférences

Philippe Corcuff
Philippe Corcuff Crédits : Radio France
Dans votre dernier livre qui est un pamphlet intitulé « La gauche est-elle en état de mort cérébrale ? »Vous citez notamment les travaux de l’historien François Hartog qui dans son livre « régimes d’historicité, Présentisme et expérience du temps publié au seuil en 2003, décryptait au sein des sociétés actuelles « un présentisme » qui serait selon vous un enfermement dans le présent de plus en plus déconnecté du passé comme du futur.Quels sont les symptômes de ce présentisme ?

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Mercredi 2 Janvier Lionel Naccache, neurologue, chercheur en neurosciences cognitives au sein du Centre de recherche de l’institut du cerveau et de la moelle épinière

Lionel Naccache, neurologue, chercheur en neurosciences cognitives
Lionel Naccache, neurologue, chercheur en neurosciences cognitives Crédits : SL - Radio France

Y-a-t-il une région du cerveau qui habite plus spécifiquement notre rapport au temps ?

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Jeudi 3 Janvier
Cédric Lagandré,philosophe

Cédric Lagandré, philosophe
Cédric Lagandré, philosophe Crédits : SL - Radio France
Vous êtes l’auteur d’un essai intitulé « La plaines de asphodèles » aux éditions Climats, et sous-titré « Ou le monde à refaire ».Livre qui s’inscrit dans la continuité de votre précédent ouvrage publié au PUF « L’actualité pure, essai sur le temps paralysé ». La question de notre rapport est donc centrale dans votre réflexion.

Comment se présente aujourd'hui cette question ?

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Vendredi 4 Janvier Michael Foëssel,philosophe

Michael Foëssel, philosophe
Michael Foëssel, philosophe Crédits : SL - Radio France
Le dernier invité de cette série sur notre rapport au temps, le philosophe Michael Foëssel, auteur d’un livre intitulé « Après la fin du monde » et sous-titré : « Critique de la raison apocalyptique. ».Vous venez donc en point d’orgue de cette série d’entretiens à l’issue desquels le diagnostic a été établi que ce que nous appelons « la crise » et qui constitue comme on vient de le voir encore aujourd’hui notre actualité quotidienne, semble bien avoir pour toile de fond une difficulté croissante à vivre dans un présent porteur d’un à venir.

Ce sentiment assez largement partagé est propice à la résurgence de thèmes apocalyptiques.

Mais tout cela pour vous doit d’abord être considéré comme un symptôme de la crise  :

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