traduit en chinois moderne par Shanwen Shang
traduit en français par Paul-Louis-Félix Philastre
Le Yi King, ou « livre des changements », est à l'image d'un
arbre éternel : un arbre géant, profondément enraciné dans la pensée et
l'esprit chinois, et dont les branches, chargées de feuilles et de
fleurs, s'élancent en toutes directions, comme pour souligner la
multiplicité de ses significations. D'après la légende, il y a environ
7 000 ans, Fuxi créa le Bagua primitif (les 8 trigrammes), symbole de la
combinaison espace-temps. Près de 4 000 ans plus tard, le roi Wen, de
la dynastie Zhou, recréa le Bagua sur la base du Bagua primitif et
établit le système des soixante-quatre hexagrammes. Il ajouta par
ailleurs les explications nécessaires à la compréhension de chaque trait
et chaque hexagramme. Durant la période Printemps et Automnes et celle des Royaumes Combattants, le Yi King
fut sans cesse développé, notamment par Confucius qui apporta une
contribution sans précédent à la transformation philosophique de la
doctrine Yi. Plus tard, certains éclaircissements et développements furent consignés dans les Commentaires, lesquels devinrent une partie du Yi King. Durant les dynasties Qin, Han, Wei, Jin, Sui et Tang, la doctrine Yi se développa en deux écoles : l'école Image-Numérologie et l'école Sens-Principe. La première proposa la théorie de l'hexagramme-qi,
qui a pour but d'établir un modèle de mouvement de l'espace-temps du
monde extérieur. Au cours des dynasties Song, Yuan, Ming et Qing, la
doctrine Yi connut une renaissance et un développement plus large
grâce aux études qui, réalisées au cours des dynasties Han et Tang,
intégraient des éléments issus de cultures extérieures, principalement
du bouddhisme, et replaçaient l'esprit de l'homme dans leur
préoccupations. Au XXe siècle, la doctrine Yi s'imposa
plutôt comme une réflexion sur la réalité du monde, d'une part sous
l'influence des études traditionnelles, de l'autre sous celle des grands
courants de pensée occidentaux.
- 4e de couverture -