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“Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien”. La phrase est d'Emmanuel Macron. Elle date de juillet 2017, deux petits mois après son élection comme Président de la République, alors qu'il inaugure Station F à Paris, un temple destiné à accueillir un millier de start-up. Entre "des gens qui ne sont rien", et d'autres "qui réussissent", l'ombre d'une pyramide. À la fois palpable et symbolique, c'est cette pyramide qui fournira au mouvement des gilets jaunes un combustible essentiel, qui souvent a fédéré large un ras-le-bol disparate.

Au-delà des impôts ou de la défiance pour les élus, ces six mois de manifestations hebdomadaires ont mis la question du mépris de classe au cœur de l'actualité. Décrypter l'histoire du mépris de classe, c'est tenter de comprendre comment on vit, comment on meurt, où on habite et ce que ça implique de préférer une chose à une autre. C'est documenter les inégalités autant que les images pour essayer de saisir de quoi se nourrit une rage qui oppose le "eux" et le "nous".

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