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La Nuit rêvée de Boris Charmatz, par Albane Penaranda

Boris Charmatz
Boris Charmatz Crédits : Ursula Kaufmann

Chorégraphe et directeur du Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne, Boris Charmatz est avant tout danseur. Il dit même vouloir le rester jusqu'à ses quatre-vingts ans au moins. Comme il ne souffle cette année que quarante-quatre bougies, l'avenir appartient encore à celui que l'on a souvent présenté comme l'enfant terrible de la danse, ou encore le chef de file de la "non-danse" française des années quatre-vingt-dix. Si ces étiquettes ne le résument pas, la manière dont Boris Charmatz exerce son art n'a en effet rien de convenu ou de paisible.

"J'ai un rapport de tension, de conflit, avec la danse, l'imaginaire qu'en ont les gens et ce qu'ils attendent d'un spectacle chorégraphique", avoue-t-il.

Souvent radical, multipliant les expérimentations, Boris Charmatz explore des frontières de la danse pour tenter de les repousser, de les dépasser. Emblématique d'une nouvelle génération de chorégraphes et de danseurs, on le trouve sans cesse à la recherche de nouveaux territoires à partager avec d'autres modes d'expression artistiques et de relations inédites avec le public. Dans le programme d'archives que Boris Charmatz a composé pour sa Nuit rêvée, on entend quelques-uns de celles et de ceux qui ont croisé sa route, nourri ses réflexions et influencé son travail : les chorégraphes Odile Duboc et Élisabeth Schwartz, la critique et historienne de la danse Laurence Louppe et le poète Christophe Tarkos. À la suite d'Hubert Godard analysant le corps en mouvement, on y célèbre la cornemuse, avant d'entendre le chant du bugle et de la voix de Médéric Collignon. C'est enfin à Berlin, une ville qui lui est chère, que se termine le programme de Boris Charmatz, autour de l'ancien aéroport de Tempelhof, dans les vestiges duquel il dansait d'ailleurs au mois de septembre.

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