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La Nuit rêvée de Jane Evelyn Atwood par Albane Penaranda

Jane Evelyn Atwood
Jane Evelyn Atwood Crédits : Gueorgui Pinkhassov, 1995, Moscou

James Baldwin, la photographe Diane Arbus, Daniel Defert, l'écrivain haïtien Lyonel Trouillot, l'écrivain-reporter Ryszard Kapuściński et Odile Converset, spectatrice de cinéma non-voyante… À l'écoute des archives qu'elle a choisies pour sa Nuit rêvée, nous refaisons en compagnie de Jane Evelyn Atwood quelques-uns des voyages, quelques-unes des rencontres et des expériences qui ont jalonné sa vie de photographe commencée au milieu des années soixante-dix.

Jeune américaine à Paris, photographe néophyte, c'est par le plus périlleux des reportages qui soient qu'elle s'était lancée dans la carrière, suivant toute une année une prostituée, maîtresse SM, dans un hôtel de passe de la rue des Lombards. À lui seul, ce premier travail aurait suffi à la ranger aux côtés des très grands photographes de son temps. Pour s'en convaincre, il suffit de revoir ces photographies dans la parfaite édition qu'en ont proposée les Éditions Xavier Barral en 2011. Jane Evelyn Atwood a depuis la rue des Lombards suivi son chemin sur cette planète, s'appliquant à pousser les portes des lieux interdits au public, à pénétrer les institutions fermées, à regarder ce que nous ne savons, ou ne voulons, pas voir : le Darfour, Haïti, les prisons de femmes, les ravages des mines antipersonnel, les aveugles, les soldats de la Légion étrangère, le Sida… Inlassablement, mettant toujours le temps de son côté pour des projets au long cours, sans ne jamais rien sacrifier au voyeurisme, mais tout à la dignité des êtres, elle nous rappelle par ses photographies que nous sommes de ce monde. Quel est le secret de leur force émotionnelle, de leur rigueur morale et esthétique ? Cette Nuit rêvée est peut-être une occasion de le comprendre.

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