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La Nuit rêvée de Patricia Mazuy, Par Mathilde Wagman


PAUL SANCHEZ : AFFICHE 16-9

Dans la petite commune des Arcs sur Argens dans le Var, le bruit s’est répandu comme une trainée de poudre : Paul Sanchez est revenu ! Cet homme qui a tué femme et enfants il y a dix ans avant de s’évaporer dans la nature a été aperçu à la gare. A la gendarmerie, on n’y croit pas, sauf peut-être la jeune Marion… Paul Sanchez, c’est Laurent Laffitte ; Marion, Zita Hanrot. Bienvenue dans l’univers fantasque, drôle et inquiétant de Patricia Mazuy. Entre polar et comédie, zone périurbaine et rocher majestueux, entre fascination pour le fait divers et la violence sociale qu’il met en lumière, son dernier film, Paul Sanchez est revenu !, détone. Si on l’a raté en salles, on pourra le redécouvrir ces jours-ci en vidéo à la demande et en DVD. Qu’est-ce qui inspire, nourrit l’imaginaire de Patricia Mazuy ? Il ne faudra pas trop d’une nuit pour tenter de le découvrir. 

Bien souvent, dans son cinéma, des êtres ou des espaces s’enflamment. C’était l’incendie du corps de ferme qui ouvrait Peaux de vaches, son premier film, sélectionné à Cannes en 1989 ; celui qui ravageait la boulangerie des parents de l’héroïne de Travolta et moi, réalisé pour la collection « Tous les garçons et les filles de leur âge » sur Arte, en 1993 ; c’étaient encore les cœurs, les corps et les âmes des jeunes filles de Saint-Cyr (2000), consumés par les ambitions de Madame de Maintenon (Isabelle Huppert) ; c’était aussi l’énergie de Simon Reggiani dans Basse-Normandie (2003), ou celle de Marina Hands dans Sport de filles (2011). Fille de boulangers, née à Dijon, Patricia Mazuy a su très jeune qu’elle voulait faire du cinéma. Ses parents tâchèrent de l’en dissuader, il y eut donc un détour par HEC, qu’elle quitta au bout d’un an pour partir à Los Angeles. Elle y tourna un court-métrage et y fit la connaissance d’Agnès Varda, grâce à laquelle elle découvrit le montage. Elle fut stagiaire sur Une chambre en ville de Demy, puis la monteuse de Sans toit ni loi. Elle fit la connaissance de Jean-François Stévenin sur le premier, de Sandrine Bonnaire sur le second, deux comédiens pour qui elle écrivit son premier long-métrage. 

Au programme de sa « Nuit rêvée » :  l’auteur de polars James Sallis, Alfred Hitchcock, la comédienne Anne-Lise Heimburger, Peter Handke, le romancier libanais Elias Khoury, le parcours intellectuel de Jean-Richard Bloch et les westerns de Ford. Préoccupations et passions de toujours ou du moment, projets de films passés ou à venir, elle nous dira de quelle façon ces émissions font écho à ce qui l’anime. 

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