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La Nuit rêvée de Robert Guédiguian par Albane Penaranda


Au début des années 80, Robert Guédiguian a redonné au cinéma français un accent qu'il avait perdu. Ses films s'appelaient Dernier Été, Rouge Midi, Ki lo sa ?, Dieu vomit les tièdes, L'argent fait le bonheur ou encore À la vie, à la mort ! Heureux ou tragiques, tenant parfois du conte ou de la fable, ils racontaient ceux qui, vaille que vaille ou coûte que coûte, se débrouillent et se battent dans le monde d'après ; d'après le travail, d'après toutes les défaites, d'après les promesses de lendemains qui chantent. Mais c'est en 1997, avec le succès de Marius et Jeannette, que ce qu'il est convenu d'appeler le grand public a découvert un cinéaste qui, du côté de L'Estaque et de Martigues, racontait des histoires en filmant les gens qu'il aimait : Ariane Ascaride bien sûr, Gérard Meylan, l'ami d'enfance, Pascale Roberts, Jean-Pierre Darroussin, Jacques Boudet et les autres. Au fil des années depuis lors, de cette famille Guédiguian élargie nous avons des nouvelles de film en film : Marie-Jo et ses deux amours, Le Voyage en Arménie, L'Armée du crime, Au fil d'Ariane, pour ne citer que ceux-là, jusqu'au dernier en date, Une histoire de fou.

Si l'arrière-pays de Robert Guédiguian est marseillais, il est aussi arménien, allemand, communiste et de toutes les couleurs de ceux, d'hier ou d'aujourd'hui, dont les noms à prononcer sont difficiles. D'ailleurs, les identités, le nouveau président de la Cinémathèque de Toulouse, ne les conçoit que multiples. Le programme qu'il a composé pour sa Nuit rêvée visite celles qu'il a reçues en héritage. Il y est question de Karl Marx, de Bertolt Brecht et l'Allemagne, de la Révolution Française, de Rome vue par le cinéma et de l'écrivaine arménienne Zabel Essayan.

  • Production : Albane Penaranda
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
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