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Nuit André S. Labarthe, Par Albane Penaranda


André S. Labarthe

Après André Bazin, c'est l'un de ses rejetons, André S. Labarthe, que nous avons voulu saluer en cette période festivalière. Disparu en 2018, par son nom, sa voix, sa dégaine, ses textes et surtout ses films, il était une présence familière à toutes les générations de cinéphiles depuis les années 60. C'est cette présence au cinéma et à la création en générale, parfaitement singulière, que nous proposons de retrouver dans cette Nuit.

Entré à la rédaction des Cahiers du cinéma en 1956 quand, autour de Bazin, les Jeunes Turcs secouaient déjà le cocotier, Labarthe était tombé dans le cinéma sans jamais en n'avoir été dévoré d'une passion comparable à celle qui animait Truffaut, Godard ou Rivette. Il aura été une sorte de Cinquième Beatles de la Nouvelle Vague, un compagnon de route un peu en retrait, dont le travail consista, pour l'essentiel, à faire aimer les œuvres des autres et à interroger inlassablement le cinéma. Mais l'œuvre télévisuelle qu'il a lui-même bâtie - avec Cinéastes, de notre temps, puis Cinéma, de notre temps - aux côtés de Janine Bazin, aura fait de lui l'un des héros de ce qui fut peut-être le dernier temps mythologique du cinéma et, finalement, de lui un cinéaste à part entière de son temps. 

Au cours de cette Nuit, dans laquelle Janine Bazin aura une place, nous retrouverons André S. Labarthe tel qu'en lui-même, libre de paroles et de pensée, volubile et chaleureux. À travers les bandes-son de ses films, par sa voix et celle de Jean-Claude Dauphin, nous entendrons également l'écrivain qu'il était. Autour des archives de ce programme que nous lui consacrons, nous accompagneront le réalisateur et critique Jean-Paul Fargier, et Estelle Fredet, coréalisatrice avec Labarthe de Diourka, à prendre ou à laisser et aussi de Bernadette Lafont, exactement, et réalisatrice d'Il était une fois André S. Labarthe, un film qui, à la demande de Labarthe, fait partie de la collection Cinéma, de notre temps.

Qu'aux auditeurs pour lesquels il a compté cette Nuit soit le plaisir de retrouver André S. Labarthe. Qu'à ceux qui ne le connaissent pas, ou trop peu, elle soit un bonheur de le découvrir. Qu'en tous elle réveille le désir d'aller voir encore aux fenêtres ouvertes - sur le cinéma, mais aussi sur la littérature, la danse et les arts plastiques - par la multitude de ses films.

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