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Une série des "Chemins de la connaissance" en quatre épisodes autour de l'histoire des Dalaï-Lamas au Tibet, par Roland Auguet.

Notre tradition a tendance à considérer la réalité Tibétaine comme régie par des équilibres rudimentaires et immuables - en opposition radicale avec un Occident soumis aux pressions accélératrices de l'Histoire. Cette vision simplificatrice est démentie par le premier livre de synthèse publié en langue française sur le Tibet, "L'histoire des Dalaï-Lamas" de Roland Barraux (Albin Michel). L'introduction du bouddhisme qui supplante la religion bon (VII- VIIIème siècle) donne lieu à des affrontements qui, par certains aspects, évoquent l'épisode de Julien L'Apostat en Occident. C'est sur ce terrain conflictuel que va prendre naissance l'institution des Dalaï-Lamas, de façon progressive : choisi selon les rites de la réincarnation excluant toute référence de l'hérédité, le Dalaï- Lama est d'abord un chef spirituel qui s'appuie sur des pouvoirs locaux, mais aussi sur celui des Mongols convertis au bouddhisme. C'est avec le "Grand Cinquième", Lobsang Gyatso (1683-1706) que le Dalaï-Lama va réunir entre ses mains les pouvoirs spirituels et temporels, avec un système de délégations, bien utile pour contenir les pressions extérieures (Chine, Népal, Mongolie). Ce système, remarquable par sa souplesse et sa capacité d'adaptation, va survivre pendant plus de deux siècles : non sans soubresauts, car derrière cette façade subtile, la société tibétaine n'est pas préparée aux chocs de la modernité. 

L'histoire des Dalaï-Lamas (4/4) : L'irruption de la modernité
L'histoire des Dalaï-Lamas (3/4) : La fragilité d'un pouvoir
L'histoire des Dalaï-Lamas (2/4) : Réincarnation et politique, la naissance d'une institution
L'histoire des Dalaï-Lamas (1/4) : L'implantation du bouddhisme au Tibet

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