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ballons de football

Le ballon de foot

3 min
À retrouver dans l'émission

Le ballon de football nous raconte l’histoire du sport le plus populaire du monde et il faut savoir qu’à l’origine, le ballon n’est pas toujours rond et lisse...

ballons de football
ballons de football Crédits : Flavio Coelho - Getty

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce sont souvent des ballons de fortune qui imposent le football sur tous les continents. En Angleterre, les enfants de la classe ouvrière se débrouillent en jouant avec des boules de papier entourées de ficelle. Au Congo belge, les jeunes utilisent des balles en caoutchouc et des citrons verts. A Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, ce sont les jeunes fruits à pain qui font office de ballon. 

Toutefois, la Football Association, la fédération britannique, s’applique très tôt à standardiser le ballon. Un long processus que nous relate l’historien Julien Sorez dans le Magasin du Monde. Les autorités sportives britanniques ébauchent une première codification du football dès 1863, puis 5 ans plus tard, exige que la circonférence moyenne du ballon soit comprise entre 68 et 71 centimètres, et son poids entre 370 et 425 grammes. 

Progressivement, dans la première moitié du XXe siècle, le modèle britannique de la chambre à air enveloppé de cuir se diffuse largement dans le monde. Mais son entretien s’avère fastidieux : après chaque partie, il faut le nettoyer avec de l’eau, le graisser puis le dégonfler à mi-pression, et faire appel à un sellier pour réparer les éventuels accrocs. Plus embêtant encore, les lacets qui recouvrent la valve blessent souvent les crânes des joueurs.

En ce temps-là, Le ballon est encore un objet onéreux. Les équipiers doivent bien souvent se cotiser pour l’acheter. Le joueur international Lucien Gamblin, dit « Lulu », qui a fait toute sa carrière au fameux Red Star de Saint Ouen, se remémore à la fin des années 1930 son émotion lorsqu’il maniait solennellement son précieux ballon auquel il tenait comme à la prunelle de ses yeux. Cette relation très affective prend un nouveau tour à l’occasion de la Première Guerre mondiale. Les gouvernements, les associations sportives, les commerçants et les journaux adressent des ballons aux soldats stationnés sur le front, leur offrant par là-même un moyen d’entretien physique mais aussi de distraction. C’est ainsi que la Grande guerre participe à la diffusion de la pratique sur le continent européen. 

A partir des années 1970, la fabrication des ballons est profondément transformée par l’émergence de nouveaux équipementiers sportifs devenus aujourd’hui des marques mondialement connues. Le cuir est progressivement remplacé par une matière plastique, le polyuréthane, et les entreprises délocalisent leur production dans les pays asiatiques. 

80% des ballons commercialisés dans le monde dans les années 2000 sont confectionnés dans une petite région du Pakistan, autour de la ville de Sialkot. Ces nouvelles conditions de fabrication abaissent considérablement le prix de vente des ballons, désormais accessibles au plus grand nombre. Mais cette consommation de masse n’est rendue possible que par le recours à la main d’œuvre infantile. En 1996, grâce à une enquête de l’Organisation internationale du travail, l’opinion publique mondiale découvre la terrible nouvelle : dans le seul Etat du Punjab au Pakistan, plus de 7 000 enfants âgés de 5 à 14 ans fabriquent 30 millions de ballons chaque année pour Nike, Adidas et les autres équipementiers sportifs. Les enfants, notamment ceux chargés de découper les panneaux recouvrant les ballons et de les plastifier, travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, pour des salaires de misère. 

Mais, bien que largement médiatisée, la persistance de cette exploitation des enfants n’a pas entamé la popularité planétaire du ballon de football qui demeure l’un des objets favoris des petits et des grands chaque année pour les cadeaux de Noël. 

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