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Le hamac, un objet au destin mondial...

Le hamac

3 min
À retrouver dans l'émission

Le hamac, c’est le rêve. Le peintre Gustave Courbet n’a-t-il pas réalisé un tableau intitulé "Le Hamac ou le rêve" ? Mais avant d’être un rêve, le hamac est un objet millénaire d’origine amérindienne dont l’historien Sébastien Rozeaux raconte l’extraordinaire destin.

Le hamac, un objet au destin mondial...
Le hamac, un objet au destin mondial... Crédits : Jake Wyman - Getty

Le mot hamaka provient des Antilles où il est utilisé par les peuples Taíno et Arawak pour qualifier des "espèces de filets suspendus", comme le rapporte le religieux Bartolomé de Las Casas au XVIe siècle. C’est un objet couramment utilisé sur tout le continent américain même si son nom, les techniques de tissage et les matériaux de fabrication varient en fonction des populations amérindiennes.

Symbole des sociétés amérindiennes avant d'être adopté par les marins du monde entier

Le hamac est dès l’origine un objet d’usage domestique, un meuble utilisé pour le couchage qui offre aux autochtones à la fois confort et sécurité. Car ainsi suspendus, ils échappent aux piqûres d’insectes et aux morsures des animaux. C’est pourquoi le hamac suscite la curiosité des Européens dès le premier voyage de Christophe Colomb en 1492 dans les Caraïbes. Les colons l’adoptent dès le XVIe siècle, en le troquant contre des objets produits sur le Vieux Continent. Pourtant, à la même époque, en Europe, le hamac demeure l’un des symboles des sociétés amérindiennes comme en témoignent les cartes où ces objets sont dessinés entre deux arbres, sur les terres encore inconnues d’Amérique.

À partir du XVIIe siècle, le hamac équipe les galions et autres navires hauturiers de la route des Indes. Ils sont désormais fabriqués dans les ateliers européens selon des normes standardisées. Dans la marine française, on l’appelle "sac" ou "branle". Il protège des morsures de rongeurs qui pullulent sur les ponts et dans les cales des navires. On l’adopte donc pour des raisons sanitaires. Mais il présente en outre l’avantage d’être régulièrement lavé pour éliminer les poux, les tiques et les puces ainsi que la crasse qui s’accumule au cours des longues traversées. Enfin, roulé en forme de boudin et posé contre les parois du bateau, il protège les marins des tirs de mousqueterie et des éclats de bois pendant les combats.

Du pont des galions jusqu'à la Lune...

Il faut attendre les années 1960 pour que dans la marine française, la couchette remplace le hamac. Les armées de terre s’en servent également à partir du XIXe siècle, par exemple pour transporter les blessés pendant la guerre de Crimée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des hamacs en nylon sont donnés aux soldats états-uniens qui officient dans le Pacifique comme aux GI’s pendant la guerre du Vietnam. En revanche, le hamac a connu un net recul dans le reste de l’Amérique à l’époque contemporaine en raison des politiques d’assimilation forcée des populations amérindiennes. Il est encore utilisé dans les intérieurs et pour le couchage sur les bateaux qui circulent sur les affluents de l’Amazone ou du Rio Paraná. Et il subsiste une production artisanale chez certaines tribus amérindiennes qui vendent de précieux exemplaires à une riche clientèle en quête d’authenticité. Les millions d’autres consommateurs se contentent des hamacs produits industriellement en Chine et en Inde.

Aujourd’hui, le hamac est surtout associé au délassement des corps et à la douceur de vivre sous les Tropiques… ou dans l’espace, puisqu’en novembre 1969, la NASA a équipé la Mission spatiale Apollo 12 de deux hamacs pour offrir les meilleures conditions de repos aux deux membres de l’équipage.

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