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Les militants des droits de l'homme papous Dano Tabuni (à droite) et Ambrosius Mulait attendent le début de leur procès, à Jakarta.

Les nombreux visages de George Floyd

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"Black Lives Matter" est devenu un slogan protéiforme, celui de toutes les minorités. George Floyd, lui, a pris de nombreux visages à travers le monde, en Indonésie, au Chili, en Israël, au Congo...

Les militants des droits de l'homme papous Dano Tabuni (à droite) et Ambrosius Mulait attendent le début de leur procès, à Jakarta.
Les militants des droits de l'homme papous Dano Tabuni (à droite) et Ambrosius Mulait attendent le début de leur procès, à Jakarta. Crédits : Jakarta Post

C’est l’histoire d’un cri de ralliement.  

La campagne virale Black Lives Matter, est devenu un mouvement politique et sociale, le "metoo de l’antiracisme".

“La vie des noirs comptent”, c’est la traduction de Black Lives Matters, est devenu un slogan protéiforme, celui de toutes les minorités, et George Floyd, lui, a pris de nombreux visages à travers le monde. Alors je vous propose un “A propos d’ailleurs” qui pourrait être un “à propos de partout”. 

En Indonésie par exemple, la mort de George Floyd a relancé le débat public autour du racisme que subissent les Papous.  #blacklivesmatter est devenu #Papuanlivematter, la vie des Papous compte. Le débat se concentre autour du procès de sept leaders Papous, étudiants pour la plupart, qui encourent des peines de prisons lourdes. Pourquoi ? On les accuse de trahison pour avoir participé aux manifestations anti-racistes qui avaient parfois tourné à l’émeute en août 2019.

Des palestiniens protestent contre la mort de Eyad Hallack, le 11 juin 2020. Sur la banderolle, le visage de Goerges Floyd fait le lien avec les manifestations contre le racisme aux Etats-Unis
Des palestiniens protestent contre la mort de Eyad Hallack, le 11 juin 2020. Sur la banderolle, le visage de Goerges Floyd fait le lien avec les manifestations contre le racisme aux Etats-Unis Crédits : AFP

Les débats portent alors sur la répression judiciaire des Papous et beaucoup dénoncent également le “colorisme”, qui différencie les individus selon leur couleur de peau, favorisant moralement et esthétiquement les peaux les plus claires. 

Aux antipodes de l’Indonésie, au Chili, George Floyd porte un nom, c’est Alejandro Treuquil, militant de la communauté Mapuche de 37 ans, qui a été abattu jeudi 4 juin par une milice armée non identifiée. Le leader communautaire avait récemment alerté la presse sur des harcèlements perpétrés par les Carabineros, la police militaire chilienne.  #justiciaparaalejandrotreuquil, peut-on lire sur les réseaux sociaux, justice pour Alejandro Treuquil ou encore, vous l’aurez devinez, #Mapuchelivesmatter, et je me passe de traduction. Au Chili, le slogan recouver aussi la question sanitaire, puisque les Mapuche sont les premières victime du coronavirus.

"Justice pour Alejandro Treuquil" peut-on lire sur cette affiche présentant l'homme tué par balle le 4 juin 2020.
"Justice pour Alejandro Treuquil" peut-on lire sur cette affiche présentant l'homme tué par balle le 4 juin 2020.

Et en Israel,  #palestinianlivesmatter est apparu quand Eyad Al-Hallack, un palestinien autiste de 32 ans, a été abattu le week-end dernier par des policiers à Jérusalem.  Le Ministre de la défense israélien Benny Gantz s’est “excusé“, je cite, “de cet incident” mais #palestinianlivesmatter dépasse le cas d’Eyad Al-Hallack. Samedi, le slogan était utilisé à Tel Aviv alors qu’un peu moins de 10 000 personnes, majoritairement de la gauche arabe israélienne, se sont rassemblées pour dénoncer le projet d’annexion d’une partie de la Cisjordanie, qui devrait avoir lieu le 1er juillet.

Je vous parle de l’Indonésie, du Chili ou d'Israël, mais j’aurais pu vous parler de David Dungay en Australie, de Marcus-Freddy Kambale du mouvement citoyen Lucha en République Démocratique du Congo, ou de Jimmy Mubenga au Royaume-Uni, où la polémique a porté cette semaine, vous en avez parlé tout à l’heure Caroline, sur le décrochage des statues de figures esclavagistes dans l’espace public. 

On peut alors se demander pourquoi c’est précisément la mort de George Floyd qui a créé un tel remous à travers le monde alors que vous le voyez, il est un cas parmi d’autres. Chercher ce qui, dans les faits, l’a rendu exceptionnelle. Et on pourrait conclure que c’est justement parce qu’elle ne l’est pas que la mort de George Floyd se traduit partout dans le mond

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