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Gisèle Vienne

Gisèle Vienne : "Les forces qui proviennent des espaces où se déploie la pensée critique sont indestructibles, car elles caractérisent la vie."

2 min
À retrouver dans l'émission

Un court entretien comme une humeur du jour à partir de cette question : À quoi pensez-vous ? La metteuse en scène, chorégraphe et plasticienne Gisèle Vienne y répond au micro d'Arnaud Laporte.

Gisèle Vienne
Gisèle Vienne Crédits : © Patric Chiha

Chaque matin, comme un avant-goût du grand entretien du soir, à 19h dans l'émission Affaires Culturelles (ou en podcast et à la réécoute), Arnaud Laporte interroge ses invités sur ce qui les occupe, les préoccupe dans l’actualité, leur quotidien ou leur pratique artistique. La question est simple : "À quoi pensez-vous ?"

Aujourd'hui avec Gisèle Vienne, metteuse en scène, chorégraphe et plasticienne, dont le spectacle L'Etang se jouera dès que possible au théâtre Nanterre Amandiers :

"Je pense beaucoup au livre d'Elsa Dorlin Se défendre - Une philosophie de la violence (La Découverte) et à la manière dont il me permet de comprendre, toujours plus précisément, les mécanismes de domination. J'essaie chaque jour de comprendre davantage ces mécanismes de domination qui régissent notre perception culturellement construite - la société jusque dans notre intimité - et la manière dont il est possible de les défaire pour en inventer d'autres. Je pense aux mots d'Elsa Dorlin. Le processus qu'il faut interroger est "celui par lequel des perceptions sont socialement construites, produites par un corpus qui continue de contraindre tout acte de connaissance possible". Ces pensées font également sens lorsque l'on essaie de comprendre la logique d'action du gouvernement français qui, sous prétexte de crise sanitaire, renforce un système inégalitaire qui se fonde précisément sur ces principes de domination culturellement naturalisés. Il fait sens, alors, que tout espace où peut se déployer la pensée critique qui viendrait notamment du domaine des sciences sociales, des sciences, des arts, des corps et de la rue, soit aujourd'hui délibérément écrasé. 

Je veux croire que ces forces qui proviennent de ces espaces où peut se déployer la pensée critique sont, au fond, indestructibles car elles caractérisent la vie. 

Selon la logique morbide de ce gouvernement, il fait sens de fermer les librairies, les théâtres, les cinémas, les musées, d'enfermer les corps et d'agresser les corps agissants. Je pense aussi beaucoup aux travaux de Bernard Rimé concernant le partage social des émotions (PUF). Les émotions, les corps, leurs interactions, sont des espaces privilégiés du développement de nos connaissances. De nombreuses expériences où les émotions qui traversent le corps remettent en question des systèmes de pensée provoquent des failles dans notre lecture du monde. Ce sont bien ces expériences que la politique actuelle tente d'écraser, de faire taire. Ce sont bien ces corps en colère, intelligents et vivants, que l'on tente d'empêcher de s'exprimer, de manifester. Il s'agit là aussi de mon corps et de ma pensée, en colère, pleins de joie et sensibles. 

Et je crois bien que la vie et l'intelligence sont de notre côté. Du côté des personnes vivantes et révoltées, dont la puissance est inégalable."

Gisèle Vienne, le lundi 14 décembre

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