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Virgil Vernier

À quoi pensez-vous, Virgil Vernier ?

2 min
À retrouver dans l'émission

Un court entretien comme une humeur du jour à partir de cette question : À quoi pensez-vous ? Le cinéaste Virgil Vernier, dont le moyen-métrage "Sapphire Crystal" a paru en dvd chez Shellac, y répond au micro d’Arnaud Laporte.

Virgil Vernier
Virgil Vernier Crédits : Diane Boucaï

Chaque matin, comme un avant-goût du grand entretien du soir (à 19h dans l'émission Affaires Culturelles, ou en podcast et à la réécoute), Arnaud Laporte interroge à distance, par téléphone, ses invités sur ce qui les occupe, les préoccupe dans l’actualité, leur quotidien ou leur pratique artistique.  La question est simple : À quoi pensez-vous ? 

À quoi pensez vous ? 

Virgil Vernier Ce à quoi je pense là, tout de suite, c'est justement à comme il est difficile d'avoir l'air à l'aise face à quelqu'un qu'on ne voit pas, qu'on ne connaît pas personnellement et avec qui il faut parler avec naturel, alors qu'on sait qu'on est entendu par plein d'inconnus. Et justement, dans mes films, je travaille à mettre à l'aise des gens qui ne sont pas des acteurs professionnels, et je tente de trouver une sorte de fraîcheur et de parole naturelle et spontanée avec eux. Savoir que j'allais devoir répondre à votre question m'a fait faisait penser à pourquoi j'ai commencé à faire des films. Et je me disais que, face aux médias, c'est encore plus dur de parler avec innocence. Il m'est arrivé un évènement qui a créé une sorte d'appréhension que j'ai maintenant lorsque je parle avec un journaliste ou un critique, même s'il est bien intentionné. Quand j'avais 15 ans, l'émission Zone interdite sur M6 faisait un reportage sur le grunge, et ils m'avaient repéré à la sortie du lycée parce que j'avais un look un peu excentrique. Je portais des jupes et des pulls troués, et du coup ils m'avaient suivi pendant trois jours pour faire un reportage sur un exemple de ce qu'était un mec grunge. Moi, je leur avais bien dit que je n'aimais pas du tout le grunge et que je trouvais que c'était un mouvement commercial et un peu superficiel. Quand j'ai découvert le reportage sur M6, j'étais outré parce que j'avais prévenu tous mes potes du lycée de regarder le dimanche soir, à 20h30, Zone interdite, et ils m'ont fait passer pour un pauvre garçon naïf, suiveur d'une mode que je n'aimais pas du tout.  J'en ai gardé une sorte de ressentiment énorme vis à vis de comment est ce qu'on peut manipuler la parole et rajouter des commentaires parfois un peu condescendants, comme c'était le cas de M6. Et je me suis promis, en faisant mes films, de ne jamais refaire ça et de toujours privilégier le plan séquence, et de toujours faire en sorte de donner la parole à des gens et, s'ils ne pensent pas comme moi, ou n'ont pas les mêmes points de vue sur le monde que moi, de leur laisser la parole et de ne pas couper, même s'il y a des choses que je n'aime pas ou qui me dérangent.  

Créer quelque chose qui serait une parole la plus juste possible, c'est ça que vous poursuivez de film en film? 

J'essaye en tout cas.

Virgil Vernier, le mercredi 23 septembre

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