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Emmanuel Mouret

Emmanuel Mouret : « J'aime imaginer le cinéma, la peinture, la littérature comme un endroit où l'on peut douter »

3 min
À retrouver dans l'émission

Un court entretien comme une humeur du jour à partir de cette question : À quoi pensez-vous ? Le cinéaste Emmanuel Mouret, dont le nouveau film, « Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait » sort aujourd'hui sur les écrans, y répond au micro d’Arnaud Laporte.

Emmanuel Mouret
Emmanuel Mouret Crédits : Stéphane Cardinale - Corbis - Getty

Chaque matin, comme un avant-goût du grand entretien du soir (à 19h dans l'émission Affaires Culturelles, ou en podcast et à la réécoute), Arnaud Laporte interroge ses invités sur ce qui les occupe, les préoccupe dans l’actualité, leur quotidien ou leur pratique artistique.  La question est simple : À quoi pensez-vous ? Un moment éminemment subjectif…

A quoi pensez-vous ?

Emmanuel Mouret.  Puisque nous sommes dans une émission qui vise l'actualité, j’essaye de penser à autre chose que l'actualité. Je suis entrain de lire un livre de ce philosophe, qui n'est pas forcément un philosophe de chevet, mais que j'apprécie beaucoup de lire néanmoins, Marcel Conche, qui parle de la beauté du monde. C'est peut être un moyen de rebondir pour parler de cinéma et sortir de l’actualité.
Je pense aussi souvent à une rencontre que j'ai eu la chance de faire indirectement, avec Ettore Scola, qui était invité, il y a un an ou deux ans, avant sa mort, dans un festival et on lui posait une question comme ça : « Qu'est ce que vos films ont toujours voulu dire à l'humanité ? Aux gens ? Quel a été le message que vous avez voulu faire porter à vos films ?" et lui, a dit : «A la télévision, on vous dit ce qu'il faut penser. A la radio, on vous dit ce qu'il vous faut penser. Vous ouvrez le journal, on vous dit ce que vous pensez. Pour moi, le cinéma, c'est un endroit où on peut douter ». J'aime imaginer le cinéma, imaginer la peinture, la littérature comme un endroit où on peut douter.

Concernant votre cinématographie, vos personnages doutent beaucoup des choses, d’eux-mêmes... mais surtout de quelque chose qui serait la vérité ? 

Bien sûr qu'on doute de toute vérité, mais oui, ce sont des personnages qui s'interrogent. En tout cas, personne n'a véritablement les mêmes idées, tout simplement parce que je crois que le cinéma offre une occasion de présenter tous les points de vue sans avoir à trancher. J'aime cette idée du pyrrhonisme qui consiste à suspendre le jugement. Je trouve que certains films, certains grands films nous offrent ce moment. On découvre le monde dans sa complexité et on suspend son jugement. Renoir résume très bien cela en disant : « Ce qu'il y a de terrible en ce monde, c'est que tout le monde a ses raisons ». Mais voilà, il y a un moment, on peut voir les choses avec une certaine empathie, parce que c'est bien quand on éprouve aussi une certaine forme d'affection ou de compréhension ou de fascination pour les personnages, mais on peut observer le monde sans avoir à prendre part. On apprend par l'un contre l'autre, d'une certaine manière. 

Emmanuel Mouret, mercredi 16 septembre 2020

Le film d'Emmanuel Mouret, Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait, avec Camelia Jordana, Niels Schneider, Vincent Macaigne... sort aujourd'hui en salle.

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