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Maylis de Kerangal

Maylis de Kerangal : « Décrire c’est inventer une langue pour rendre compte de la vie »

3 min
À retrouver dans l'émission

Un court entretien comme une humeur du jour à partir de cette question : À quoi pensez-vous ? Maylis de Kerangal, écrivaine, y répond au micro d'Arnaud Laporte.

Maylis de Kerangal
Maylis de Kerangal Crédits : Anne Christine Poujoulat - AFP

Chaque matin, comme un avant-goût du grand entretien du soir, à 19h dans l'émission Affaires Culturelles, Arnaud Laporte interroge ses invités sur ce qui les occupe, les préoccupe dans l’actualité, leur quotidien ou leur pratique artistique. La question est simple : "À quoi pensez-vous ?" 

Aujourd’hui, avec, Maylis de Kerangal, écrivaine qui dans son dernier livre « Chrome » (aux éditions IMEC) interroge sa pratique de l'écriture par le prisme de l'image. A quoi pense-t-elle ce matin ?

Je pense beaucoup en ce moment à un article de Perrine Mouterde paru dans Le monde, le 31 décembre. L'article était intitulé : « Découvrir une nouvelle espèce reste quelque chose d'absolument spécial » : inventorier animaux et végétaux, une tâche colossale. Cet article raconte comment se poursuit aujourd'hui le travail d'inventaire du vivant que Linné avait initié en 1758 (…) Mais surtout, comment des individus s'aventurent sur les terrains pour observer, et comment ils vont, ensuite, élaborer un art de décrire, autrement dit inventer une langue pour rendre compte de la vie (…)

Si je pense à cet article, c'est surtout parce que _je me demande aujourd'hui comment penser, car désormais, c'est moins le contenu de la pensée que les conditions mêmes de son élaboration qui m'intéressent_. Comment penser maintenant? Comment penser dans le monde maintenant? Comment penser maintenant que la pandémie a bouleversé la pensée. (…)

_Quand pensée vacille sur ses bases, alors je me dis que peut être la description peut nous permettre d'élaborer des pistes pour penser nouveau_. La description, parce qu’elle prend le temps de voir, de distinguer de discerner, elle se rive aux phénomènes, elle joue sur la précision, sur les détails… Et cette description que moi j'associe aux tâtonnements, à la délicatesse, elle impose un rapport à la durée que je trouve fascinant. Elle impose de prendre le temps et cette durée sensible, elle est toujours dissidente. Elle est toujours réfractaire à l'urgence du commentaire. 

🎧 Pour écouter Maylis de Kerangal dans Affaires Culturelles, c'est par ici  ↓ :

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