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Thomas Lévy-Lasne

Thomas Lévy-Lasne : "Dans ma peinture, j'essaye de jouer l'oxymore"

3 min
À retrouver dans l'émission

Un court entretien comme une humeur du jour à partir de cette question : À quoi pensez-vous ? Le peintre Thomas Lévy-Lasne, qui expose en ce moment à la galerie Les Filles du Calvaire à Paris, y répond au micro d’Arnaud Laporte.

Thomas Lévy-Lasne
Thomas Lévy-Lasne Crédits : Cedric Sartore

Chaque matin, comme un avant-goût du grand entretien du soir (à 19h dans l'émission Affaires Culturelles, ou en podcast et à la réécoute), Arnaud Laporte interroge ses invités sur ce qui les occupe, les préoccupe dans l’actualité, leur quotidien ou leur pratique artistique.  La question est simple : À quoi pensez-vous ? 

À quoi pensez vous ? 

Thomas Lévy-Lasne Je pense à la chronique d'Hervé Gardette autour du climat, de la dérive climatique, de l'écologie, ce qui m'intéresse beaucoup. Parce que ces questions de représentation de la catastrophe, de comment en parler, de comment faire diffuser l'information, ça me paraît très important. _ Au final, la question serait de comment changer notre regard sur le monde. J'ai l'impression que, pour l'instant, on est tous un peu au courant,  on s'y connaît un peu, on est à peu près éveillés à ça, on voit bien qu'il y a des catastrophes partout dans le monde, dans tous les sens, mais on n'y croit pas encore puisque notre vie collective est encore en pleine inertie. Je dois dire que je ne vais pas faire la morale à tout le monde parce que j'ai mis beaucoup de temps à m'y mettre. Quand j'étais adolescent, le réchauffement climatique ça existait déjà et c'était quelque chose d'important dans ma vie, mais c'était quelque chose d'un peu éloigné, d'un peu culturel. Et puis, un jour, j'ai eu la chance d'aller à la Villa Médicis pendant un an et là, j'ai passé trois, quatre mois à travailler sur la question, vraiment, parce que j'avais le temps, et à la fin, j'étais convaincu. C'est-à-dire que mon regard sur le monde avait changé. Alors, c'est quoi un regard qui change ? C'est que, d'un coup, je vois un peu le mal partout. Par exemple, la photographie de Marilyn Monroe sur la bouche de métro : on peut évidemment la voir comme une personne d'Hollywood, et c'est génial, ou comme une femme objet, et c'est déjà plus problématique, et puis on peut aussi voir toutes les particules fines qui sortent de la bouche de métro... Cette manière de voir qui a changé, je ne pouvais pas ne pas l'impliquer dans ma peinture. Je parle de raconter le monde comme il est, et comme il change, et comme il va, puisque je pense que c'est un événement incroyable qu'on est en train de vivre.  _

Ces questions là sont présentes dans chacune des images que vous présentez en ce moment dans l'exposition "L'asphyxie" : c'est effectivement le monde tel qu'il va mal... 

Oui, c'est le monde tel qu'il va mal. Mais ce qui est bien avec la peinture, c'est que, quoi qu'il arrive, c'est quand même positif. Il y a le plaisir de peindre, il y a le plaisir des apparences, et donc j'essaye, justement, de jouer l'oxymore, c'est à dire de traiter de sujets qui ne sont vraiment pas joyeux avec une espèce de plaisir de peinture et un plaisir pour les apparences qui dirait quand même "c'est chouette de vivre, c'est chouette d'exister, c'est quand même un truc très positif". [...]

Thomas Lévy-Lasne, le vendredi 25 septembre 2020

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