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Portrait de Rony Brauman
Épisode 2 :

Le soin par-delà les frontières

31 min
À retrouver dans l'émission

De ses premiers contacts avec la médecine Rony Brauman a gardé une fascination pour l’hôpital. Mais c’est en devenant médecin de brousse au Bénin puis en travaillant dans des camps de réfugiés en Thaïlande qu’il comprend sa vocation : celle de soigner dans l’urgence.

Rony Brauman à droite. Visite d'otages tchèques en Angola
Rony Brauman à droite. Visite d'otages tchèques en Angola Crédits : Archives privées Rony Brauman

D’aussi loin qu’il se souvienne, Rony Brauman a toujours voulu devenir médecin. Et c’est cette volonté forte qui le porte à poursuivre ses études alors que les matières scientifiques l’ennuient et que ses engagements politiques à la gauche prolétarienne accaparent une grande partie de son temps. Découvrir l’univers de l’hôpital le fascine et l’apaise :

J’ai adoré l’hôpital, qui a été pour moi le lieu de rencontre avec les patients et la pratique médicale, mais aussi un lieu de paix. Un lieu où je pouvais me reposer des tensions très vives très pesantes parfois que l’on pouvait éprouver parfois dans le militantisme de plus en plus agressif de la gauche prolétarienne. 

Vous entrez dans l’hôpital, vous revêtez votre blouse blanche, et je ne dis pas que le monde devient simple, mais il devient clair, transparent. Vous avez un travail utile et intéressant. 

À la fin de ses études, des diplômes de médecine tropicale et d’épidémiologie en poche, il part pour le Bénin remplacer pour quelques mois un médecin de brousse tombé malade. 

Au Bénin, j’ai eu la confirmation que je ne m’étais pas trompé, d’une part en faisant médecine, mais aussi en étant là où je me trouvais. Tous les jours, c’était travaux pratiques. 

J'ai pris conscience que nous ne sommes pas entièrement propriétaires de notre corps. Que l'entourage familial, l'entourage social et la personne elle-même sont copropriétaires des corps à des degrés variables. 

"L'action humanitaire dans les camps de refugiés est une sorte de petit gouvernement de la vie"

De retour à Paris, il tombe en 1978 sur une petite annonce de Médecins sans frontières dans le journal Le Monde : « cherche médecin disponible immédiatement, sachant parler anglais ». MSF qui l’avait éconduit quelques temps plus tôt l’accepte cette fois, et il part en Thaïlande, travailler d’abord auprès de réfugiés laotiens, puis de réfugiés du régime des khmers rouges. Rony Brauman est alors le premier médecin permanent de l’association, et à travers ses expériences il nous raconte les débuts hésitants de l’humanitaire, sans moyens, sans organisation, et avec un terrain d’action qui se multiplie partout dans le monde : celui des camps de réfugiés. 

J’étais content d’être dans un camp de réfugiés. Je trouvais que c’était l’endroit où une organisation comme Médecins sans frontières devait être, un endroit où l’on pouvait vraiment se rendre utile. La multiplication des camps de réfugiés à partir de la fin des années 70 a offert un nouveau territoire à l’action humanitaire. 

Une série d’entretiens proposée par Amélie Perrot, réalisée par Marie Plaçais. Attachée de production: Daphné Abgrall. Prise de son : Yann Fressy. Coordination : Sandrine Treiner.

Bibliographie 

Pour aller plus loin

Intervenants
  • Président de Médecins sans frontières de 1982 à 1994, membre du Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires (CRASH) de MSF
L'équipe
Production
Coordination
Avec la collaboration de
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