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Alain Corbin
Épisode 4 :

Histoire des corps et des sexualités

30 min
À retrouver dans l'émission

Avant les travaux d’Alain Corbin, les historiens s’intéressaient à l’histoire de la sexualité principalement sous des angles quantitatif et démographique. Il a donné un coup d’envoi à un nouveau courant historique, en étudiant l’histoire des représentations et de l’imaginaire des émotions.

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Alain Corbin Crédits : Samuel Bernard Blatchley - Radio France

Avant les travaux d’Alain Corbin, les historiens s’intéressaient à l’histoire de la sexualité principalement sous des angles quantitatif et démographique. Corbin a donné un coup d’envoi à un nouveau courant historique, en étudiant l’histoire des représentations et de l’imaginaire – des émotions, des sentiments, des sensibilités.

Dans Les Filles de noce, Alain Corbin écrit : « Il est temps pour l’historien du contemporain d’entrer dans la chambre du couple sans être accompagné d’un officier d’état civil.». Ce livre n’est pas une histoire des prostituées, mais du désir des hommes pour les « filles de joie. », pour la sexualité vénale. Ce que souhaite Alain Corbin, c’est écrire « une histoire du désir, du plaisir et de la misère sexuelle.» A la même époque, il travaille sur le genre et sur la masculinité en particulier. Selon Alain Corbin, au XIX e siècle, le poids pèse davantage sur les épaules des hommes que sur celles des femmes à cause de la conscription, de la nécessité pour eux de faire vivre une famille, et des guerres. Ces idées, dont il discute avec son amie Michelle Perrot, vont à rebours du discours tenu sur le quotidien des femmes à cette époque-là.

Le livre le plus célèbre d’Alain Corbin est peut-être Le Miasme et la jonquille (1982), dont le romancier Patrick Süskind s’est inspiré dans Le Parfum. Une fois encore, Corbin y fait un pas de côté : il ne s’agit pas d’une histoire des parfums, mais d’une étude de la réception et de l’appréciation des messages sensoriels. Le livre a pour sous-titre : l’odorat et l’imaginaire social. Comment Alain Corbin est-il passé d’un travail sur la sexualité vénale à une étude sur l’odorat ? Au XIXè, la désignation péjorative de l’autre s’accompagne toujours ou presque de références olfactives. Or les prostituées les premières étaient victimes de cet imaginaire dépréciateur, puisqu’elles étaient associées à la pourriture, à la dégénérescence. 

Par Virginie Bloch-Lainé, réalisation, Massimo Bellini, prise de son, Yann Fressy.

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