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André Gide, 1928. Photo : Ullstein bild.
Épisode 2 :

"Replonger aux sources de la littérature, de son existence même : la vie"

29 min
À retrouver dans l'émission

À l'écriture de "Paludes" succède celle des "Nourritures terrestres", marquées par la source de vie qu’est pour André Gide la littérature grecque antique. En pleine Affaire Dreyfus, c'est aussi le temps de choisir son camp. 

André Gide à Neuchâtel, Suisse, 1948. Photo : Archivio Cameraphoto Epoche.
André Gide à Neuchâtel, Suisse, 1948. Photo : Archivio Cameraphoto Epoche. Crédits : Getty

Autre livre de convalescence, "Les Nourritures terrestres". André Gide explique : 

Elles se sont composées presque à mon insu… La composition même du livre a été très hasardeuse, j'ai taché d'y apporter une composition par la suite, mais vraiment, c'est un livre qui s'est écrit presque malgré moi. 

Très peu lu lors de sa première édition, il a fallu attendre plus de 20 ans pour que l'ouvrage rencontre un public. De l'époque, il assure :

il est difficile d'imaginer à quel point la littérature était devenue chose factice, chose apprêtée qui se tenait en dehors de la réalité, de la réalité sociale et matérielle. Il y avait le naturalisme, l'idéalisme, mais il n'y avait pas de commune mesure dans tout cela. Ce que j'admire dans la littérature grecque, c'est que ce n'est pas à côté ou en dehors de la vie, c'est la vie même. Quand j'écrivais Les Nourritures, j'avais cette prétention de replonger aux sources de la littérature, de son existence même : la vie. 

Puis, André Gide évoque ses relations à l'époque de la publication des Nourritures terrestres. Maurice Barrès d'abord. "Son influence extraordinaire, je l'ai subie moi aussi en partie avant que je me sois opposé à lui très vite pour différentes raisons". Du jeune homme qu'il était alors, il dit : "ma gaucherie dans le monde était quelque chose d'inimaginable". Et c'est cette gaucherie, pense-t-il, qui lui ferma la porte de la maison Barrès. Un épisode savoureux et drôle, c'est une histoire de fleurs, de narcisses, qui marque donc la rupture. "Je crois que ce fut très bien de s'en tenir là, car cela n'aurait pas pu mener à grand-chose" et il ajoute : 

Nous n'adorions pas les mêmes dieux, nous différions profondément.  

C'est que l'Affaire Dreyfus divise alors la France. Elle porte en elle une Affaire Zola, et Léon Blum demande à Gide s'il consentirait à prendre position : 

Je le fis aussitôt d'enthousiasme, très vite dans les tout premiers. Un choix guidé par Léon Blum, ami en qui je reconnais une probité très grande.

Une série d'entretiens produite par Jean Amrouche, réalisée avec l'écrivain à partir d'entretiens de 1949 et présentée en 2005 par Laure Adler. Réalisation : Doria Zenine et Vanessa Nadjar. Attachées de production, Daphné Abgrall et Odile Joëssel. Coordination : Sandrine Treiner.

Pour aller plus loin 

Bibliographie sélective 

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