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Arielle Dombasle
Épisode 1 :

Une enfance mexicaine

29 min
À retrouver dans l'émission

Le Mexique de l'enfance, les volcans, la terre qui tremble.. L'année de ses onze ans, Arielle perd sa maman et se projette dans la fiction : « Je ne serai jamais une mère... Plus tard, je veux chanter et danser ! »

Arielle Dombasle à 11 ans
Arielle Dombasle à 11 ans Crédits : Sonia de la Rosière

Née aux États-Unis, Arielle Dombasle a grandi au Mexique dans le décor cossu d'un intérieur apparemment solide et rassurant, quoique soumis au rythme impromptu des ondulations sismiques d'une terre qui, en tremblant, rappelle à chacun ses failles et sa sidérante fragilité.

Je me suis sentie toute ma vie étrangère, partout, et c’est finalement la situation que je préfère. Je pense que c’est la meilleure des situations : ne jamais s’inscrire totalement dans le conformisme d’un pays, dans ses lois et dans ses rites, dans ses préjugés, rester toujours un tout petit peu à l’écart. Arielle Dombasle

Actrice, réalisatrice, modèle, chanteuse, inspiratrice, Arielle Dombasle est un personnage romanesque autant qu'insaisissable. Surnaturelle ? Peut-être. Mais alors au sens où Baudelaire l'entendait, lorsqu'il écrivait dans son Éloge du maquillage : « La femme est bien dans son droit, et même elle accomplit une espèce de devoir en s'appliquant à paraître magique et surnaturelle. Il faut qu'elle étonne, qu'elle charme ; idole, elle doit se dorer pour être adorée. Elle doit donc emprunter à tous les arts les moyens de s'élever au-dessus de la nature pour mieux subjuguer les cœurs et frapper les esprits. »

C'est à l'âge de dix-huit ans qu'elle regagne la France, pays d'origine de sa famille à particule dont l'arbre généalogique remonte, dit-on, jusqu'à Charlemagne. A travers elle, il semblerait que le Mexique et la France s'épousent enfin avec une naïve et folle sensualité, dans un grand écart de cancan des années 20, cette danse qui touche le Parisien comme la corrida l'Espagnol ou le catch – la lucha libre – le cœur des Mexicains. Un Grand Écart... coctalien. 

« Ce qui m'a toujours fait avancer de manière farouche », dit-elle, « c'est l'ambition de devenir aussi libre que je l'avais imaginé. Liberté et désobéissance, pour moi la grande leçon de Cocteau. »

Avec Jean Cocteau dont elle est sans doute, à sa manière, l'un des nombreux Enfants terribles, Arielle Dombasle partage ce refus de se laisser enfermer dans le corset orthopédique des genres, et brouille les pistes à l'envi. Touche à tout ? Peut-être. Mais je dirais plutôt la concernant, touchée par tout, et si elle va de branche en branche, sifflant ici et dansant là – de Robbe-Grillet à Miami Vice –, c'est rigoureusement, me semble-t-il, dans le même arbre. 

J'ai caché la disparition de ma mère pendant des années. J’avais 11 ans lorsqu’elle est morte. (...) J'avais deviné qu’elle était en train de mourir, que pendant des années on avait essayé de la sauver, mais tout cela je ne pouvais pas en parler, je ne voulais pas être différente des autres et garder cela comme un poids. Je ne le supportais pas donc je n’en parlais jamais. Arielle Dombasle

On murmure qu'elle aime à collectionner les identités derrière les masques, quitte à en changer souvent – mascara de lucha libre ? –, comme elle le fait aussi des escarpins, stilletos, ballerines, bottines et autres mules, pourvu qu'elle soit haut, très haut perchée. Alors profondément libre et désobéissante, Mademoiselle Dombasle, ou volontiers frivole et superficielle ? Quizás, quizás, quizás... 

« Tout esprit profond a besoin d'un masque », suggère Nietzsche. « La vérité ne peut rester vérité sans ses voiles (…) N'est-ce pas une question de décence de ne pas vouloir tout voir nu, de ne pas assister à tout, de ne pas chercher à tout 'savoir' ? Cela demande la résolution de rester bravement à la surface, de s’en tenir à la draperie, à l’épiderme, d’adorer l’apparence et de croire à la forme, aux sons, aux mots, à tout l’Olympe de l’apparence. Les Grecs étaient superficiels… par profondeur. »

Arielle Dombasle enfant
Arielle Dombasle enfant Crédits : Sonia de la Rosière

Avec les filles plus jeunes quelque chose de très maternel s’établit avec moi, je me sens très vite protégée par des filles plus jeunes que moi. C’est un appel que j’ai, probablement, et qui se fait inconsciemment : des gens plus jeunes que moi me protègent. Cela me plaît. Arielle Dombasle

Une série d'entretiens proposée par Philippe Bresson, réalisée par Anne-Pascale Desvignes. Attachée de production : Daphné Abgrall. Prise de son : Raymond Albouy.

Pour en savoir plus

Livres cités

  • Poèmes d’amour et de discrétion, Sœur Juana Inés de la Cruz (1651-1696)
  • Cent ans de solitude, Gabriel García Márquez

Première diffusion le 11 mai 2015

Nouvel album

Arielle Dombasle & Nicolas Ker, « Empire » Nouvel album au printemps 2020 – (Barclay-Mercury)  

Intervenants
L'équipe
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