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Ayyam Sureau à Pierre Claver
Épisode 5 :

Être de quelque part

28 min
À retrouver dans l'émission

En 2008, la philosophe et auteure de littérature jeunesse Ayyam Sureau s’entoure de quelques amis et crée l’Association Pierre Claver avec le désir d’améliorer la situation des demandeurs d’asile souhaitant reconstruire leur vie en France.

Ayyam Sureau, fondatrice et directrice de l'Association Pierre-Claver
Ayyam Sureau, fondatrice et directrice de l'Association Pierre-Claver Crédits : François Silvestre de Sacy

C’est un endroit unique et entièrement gratuit - financé par des particuliers, des entreprises et des dons privés - où les élèves, demandeurs d’asile, ont accès à des cours de français, d’histoire, de littérature, d’analyse de l’actualité française, mais aussi à des sorties culturelles, des séances de sport, des danses de salon… En somme, à tout ce qui ne s’apprend pas dans dans une école classique. 

C’est peut-être grâce à de tels outils que les élèves de l’école Pierre Claver réussiront leur vie en France, obtiendront un meilleur salaire, seront  traités avec dignité au lieu d'être marginalisés. 

L’idée était de créer une association qui ne demande pas de l’argent de l’Etat mais qui, au contraire, vienne ou bien dans la carence de l’Etat ou bien dans son manque, se loge dans ce que l’Etat ne fait pas, soit parce qu’il ne veut pas, soit parce qu’il ne peut pas le faire. Nous nous voulons le faire. 

Ayyam Sureau se rappelle les deux premières années pendant lesquelles ils se sont réunis dans un sous-sol, sans moyens économiques à leur disposition. 

C’est au terme de deux années dans la compagnie de demandeurs d’asile, que nous avons pensé à nous instituer en demandant des contributions extérieures. Et c’était beaucoup plus facile car nous avions déjà quelque chose à montrer. 

L’entrée d’un élève à l’école relève davantage d’une rencontre que d’une sélection ou d’un examen. Dans la démarche de l’association Pierre Claver, qui consiste à accompagner, guider et épauler une personne durant quelques années à partir de cette rencontre initiale, l’esprit de Levinas et de Buber qui habite Ayyam Sureau n’est jamais très loin.

Le cours de poésie est un cours d'incroyable communion puisqu'à travers des mots étrangers, ils retrouvent une réalité, une émotion, une expérience commune. Voyez ce que c'est qu'un matin, c'est que c'est un deuil. (...) L'expérience du deuil et Dieu sait si un exilé a une expérience du deuil et donc retrouver dans une langue soi-disant étrangère, un sentiment si familier, ça vous fait sentir chez vous. (...) Et c'est cette patrie là, c'est à dire cette patrie humaine, que la France sait offrir que nous cherchons les contours dans la poésie, dans l'Histoire, dans le questionnement, dans la courtoisie, la politesse ou même la camaraderie qui est une chose très française.

Une série d'entretiens produite par Dani Legras, réalisée par Vincent Decque. Prise de son : Yann Fressy. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Pour aller plus loin

Bibliographie sélective

Intervenants
  • philosophe, fondatrice et directrice de l'Association Pierre Claver
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