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La neurobiologiste Catherine Vidal posant devant un cliché d'IRM
Épisode 3 :

Le cerveau a-t-il un sexe ?

31 min
À retrouver dans l'émission

C’est avec cette question que Catherine Vidal ouvre les portes de la vulgarisation. Depuis plus de 20 ans, la neurobiologiste sort des laboratoires pour diffuser un savoir débarrassé de certains biais. Une lutte contre les stéréotypes de genre profondément ancrés, même dans la culture scientifique.

Catherine Vidal en plongée sous-marine pose devant un corail en forme de cerveau
Catherine Vidal en plongée sous-marine pose devant un corail en forme de cerveau Crédits : Archives privées Catherine Vidal

La première fois, c’est en 1995. Catherine Vidal, alors directrice de recherche à l’institut Pasteur doit préparer une conférence grand publique sur une question à laquelle elle n’a pas de réponse : « le cerveau a-t-il un sexe ? »

Sur la question du sexe du cerveau, j’ai été très surprise de découvrir que la rigueur scientifique n’était pas toujours au rendez-vous. Quand on regarde toute cette littérature scientifique, il y a souvent hélas,  des interprétations qui vont au-delà de la réalité des faits scientifiques.  

Sans jamais perdre de vue que la science s’inscrit toujours dans un contexte social et culturel, elle décortique et traque les interférences entre idéologie et pratique scientifique. 

Il faut avoir les reins solides pour ce travail.

Depuis, se sont enchainées jusqu’à aujourd’hui, des conférences, des articles, les publications d’ouvrages grand public, des interviews, des expositions. La neurobiologiste y passe ses week-ends et ses soirées, elle décrit une vie parallèle très « accaparante » :

Et elle est d’autant plus accaparante qu’elle nécessite un travail de recherche scientifique et bibliographique qui soit extrêmement à jour en permanence. Moi en tant que scientifique, ça veut dire une veille attentive de sur tout ce qui se publie dans ce domaine, une veille grâce à laquelle j’ai une crédibilité quand je m’exprime sur ces questions-là. 

Une croisade contre le « neurosexisme » et contre les discours pseudo-scientifiques 

Si diffuser des connaissances de qualité est avant tout un devoir ; pour Catherine Vidal, aborder de front les préjugés essentialistes reste encore la meilleure façon de combattre les stéréotypes de genre. 

Ces questions-là ne m’interpellaient pas particulièrement. C’est précisément en rencontrant des personnes dans des champs de recherches différentes, dans des sciences humaines et sociales, des anthropologues, des psychologues, des sociologues, c’est en rencontrant des chercheurs d’un autre monde que le mien que progressivement, je suis devenue féministe. 

Ce qu'il faut c'est que le guide principal du chercheur ou de la chercheuse ce soit le recueil de données avec des méthodes rigoureuses,  et non pas une occasion d'utiliser les recherches sur le cerveau pour conforter un certain nombre d'idées reçues, de stéréotypes, ce qu'on appelle le neurosexisme.

Une série d’entretiens proposée par Natacha Triou, réalisée par Vanessa Nadjar. Prise de son : Virginie Lorda. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Pour aller plus loin

Bibliographie sélective 

Intervenants
  • neurobiologiste, co-responsable du groupe "Genre et recherche en santé " du comité d'éthique de l'Inserm
L'équipe
Production
Coordination
Avec la collaboration de

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