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Portrait d'Hélé Béji, intellectuelle franco-tunisienne, fondatrice du Collège international de Tunis
Épisode 2 :

Etudier dans le pays colonisateur

30 min
À retrouver dans l'émission

Après les études secondaires au Lycée Carnot, français, de Tunis, Hélé Béji est partie préparer l’agrégation de Lettres modernes à Paris, en 1968 et prend part aux manifestations émancipatrices du mois de mai.

Portaits d'Hélé Béji
Portaits d'Hélé Béji Crédits : Archives privées Hélé Béji

"J'ai toujours gardé une certaine méfiance vis à vis des gens du pouvoir, mais un très grand intérêt pour la chose publique"  

Parce que la francophilie allait de soi dans sa famille, étudier en France fut naturel à Hélé Béji. Elle part à Paris en 1968 et prend part aux manifestations émancipatrices du mois de mai. Sa famille maternelle, française, l’entoure dans la capitale ; elle n’est ni perdue, ni seule. Elle prépare l’agrégation de Lettres, la réussit, puis retourne enseigner à Tunis. Demeurer en France lui paraît alors inenvisageable : la vie sociale tunisienne, très différente de ce qu’elle est en France où les classes sociales sont géographiquement séparées ; le climat tunisien, sa famille paternelle, étaient les piliers de sa personnalité. La rigueur française lui plaisait moins. 

Tout le monde faisait ses études en France, tous les plus grands nationalistes patriotes aimaient la France. C'était la francophilie de Bourguiba.

Comment se fait-il que notre invitée qui a baigné dans la politique n’en ait pas fait à son tour ? La tante paternelle d’Hélé Béji avait même épousé Habib Bourguiba. Le pouvoir et ses excès ne l’ont cependant jamais tentée. Elle a préféré devenir une intellectuelle engagée, écrire sur la société mais ne pas se jeter dans la mêlée. D’autant plus que l’autocrate Bourguiba lui déplaisait vivement. Le père d’Hélé Béji s’est d’ailleurs retiré de la vie politique en 1971 pour redevenir avocat. N’appréciant pas de vivre en Tunisie dans ce climat figé, où le progrès vers l’émancipation personnelle n’était plus possible, Hélé Béji repart à Paris et travaille pour l’Unesco.

Pourquoi je n'ai pas fait de politique? Parce que finalement j'étais sur la trajectoire d'une grande carrière politique facile.  J'ai choisi l'opposé de la vie politique, c'est-à-dire la vie contemplative, la vie réflexive, la vie philosophique, la poésie. 

Une série d'entretiens proposée par Virginie Bloch-Lainé, réalisée par Angélique Tibau. Prise de son : Frédéric Cayrou. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Liens

Bibliographie 

Chroniques
20H30
25 min
Le Feuilleton
Amoureuse
Intervenants
  • Ecrivain et essayiste, fondatrice et présidente depuis 1998 de la société littéraire « le Collège international de Tunis ».
L'équipe
Production
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Avec la collaboration de
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