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Portrait d'Hélé Béji, intellectuelle franco-tunisienne, fondatrice du Collège international de Tunis
Épisode 3 :

Le Collège international de Tunis

30 min
À retrouver dans l'émission

Puisque Ben Ali, qui a pris le pouvoir en Tunisie en 1987, interdisait les réunions publiques, à partir de 1998, Hélé Béji crée le Collège international, elle organise chez elle des débats d’idées avec des intellectuels, elle ouvre sa porte aux Tunisiens pour venir écouter ces conférences.

Portraits d'Hélé Béji
Portraits d'Hélé Béji Crédits : Archives privées Hélé Béji

De retour à Tunis, en 1998, Hélé Béji y crée le Collège international. Elle se moque elle-même du « nom pompeux » qu’elle a donné à son initiative.

J'ai décidé par une sorte de révélation personnelle que cette maison serait habitée par les vivants et qu'elle ne serait plus une ruine du passé, mais un lieu d'avenir, un patio intellectuel.

Cela consistait à recevoir des intellectuels dans sa maison, et à inviter les Tunisiens à assister à leurs conférences, en leur ouvrant la porte de chez elle. Le pouvoir envoyait des policiers en civil surveiller ce qui se disait, car les réunions publiques étaient interdites par Ben Ali. Pouvait donc y assister qui le souhaitait, dans la limite des places disponibles. Jacques Derrida, Jean Baudrillard, Jean Daniel, sont venus chez Hélé Béji, donner une conférence.

Le concept de lutte de classes dans le monde musulman ne fonctionne pas, parce que nous sommes dans une société où les rapports entre l'inférieur et le supérieur se stabilisent dans une relation affective, c'est féodal. On a des rapports de proximité, de voisinage, de promiscuité même et des d'intérêts. Et cette absence de frontières est très importante pour la pacification des rapports sociaux.

Le succès de ces interventions hors les murs de l’université fut important. Hélé Béji était à ce moment-là une intellectuelle reconnue en Tunisie pour ses essais politiques, qui relèvent du registre du pamphlet. Notre invitée y déplore le nationalisme, bien qu’il ait permis l’indépendance, et constate que le désenchantement s’est installé à la fin du protectorat français. Certes, la religion fut mise au pas grâce à l’autoritarisme de Bourguiba et de Ben Ali, mais les libertés publiques aussi, ont diminué. 

Je ne comprenais pas qu'un homme (Bourguiba) si intelligent fut aussi despote. C'était quelque chose qui me dérangeait beaucoup et je me suis détaché de la politique à cause de ça. En même temps qu'il réprimait les religieux, il réprimait aussi la gauche qui, elle, était beaucoup plus faible que le mouvement religieux.

Une série d'entretiens proposée par Virginie Bloch-Lainé, réalisée par Angélique Tibau. Prise de son : Frédéric Cayrou. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

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Chroniques
20H30
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Intervenants
  • Ecrivain et essayiste, fondatrice et présidente depuis 1998 de la société littéraire « le Collège international de Tunis ».
L'équipe
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