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La chanteuse Anne Sylvestre à l'auditorium Saint-Germain à Paris le 4 novembre 2003
Épisode 1 :

Une enfance heureuse mais marquée par la guerre

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce premier entretien Anne Sylvestre évoque son enfance douloureuse lorsqu'elle assiste, avec sa sœur la romancière Marie Chaix, au jugement de son père, ingénieur chimiste dévoyé dans la collaboration. La honte qui résonne en elle encore aujourd'hui.

La chanteuse Anne Sylvestre sur scène
La chanteuse Anne Sylvestre sur scène Crédits : par Francois DUCASSE-Gamma-Rapho - Getty

Dans ce premier épisode Anne Sylvestre évoque son enfance heureuse, sa naissance bien accueillie, après ses deux frères.

J'étais une petite fille protégée, une petite fille à balançoires, à jardins, à petites robes en vichy.

Néanmoins elle se souvient du "basculement" de son père dans le fascisme, par idéalisme déçu, de l'angoisse de sa mère lorsqu'elle attendait longuement son mari, engagé dans la politique.

Mon père n'était pas un assoiffé de pouvoir, je pense. C'était un idéaliste et c'était un homme qui en a suivi un autre (Jacques Doriot).

Quelle a été l'influence de cette histoire familiale sur sa personnalité ?

De tous les malheurs que nous avons eu dans la famille à cause de ça, j'en ai gardé non seulement un refus, mais une incompréhension totale. J'étais nulle en histoire, et je suis nulle même en tout ce qui se passe dans le monde, c'est à dire que je me fais expliquer les choses, je comprends, je vis les choses, mais je les ressent plus de façon viscérale et de façon humaine que sur le plan des idées et de l'histoire.  

Anne Sylvestre explique que la lecture du livre de sa sœur Marie Chaix "Les Lauriers du lac de Constance. Chronique d'une collaboration" lui a permis de comprendre ce qui s'était passé. Les visites à son père emprisonné à Fresnes pendant dix ans. Les résonnances sur la famille. 

J'ai fait un rejet, un blocage total. Mon frère Paul, qui avait 5 ans de plus que moi lui aussi, il n'était pas question qu'on nous parle de tout ça. Et lorsque papa est sorti de prison, j'avoue que je n'ai pas eu le courage de lui poser des questions. Nous étions tellement contents de le retrouver.  

Anne Sylvestre confie ressentir le honte d'être d'être la fille d'un collabo, les souffrances qui perdurent. 

Je n'y suis pour rien. N'empêche que j'ai eu honte et j'ai encore honte. Jeune, je n'osais pas le dire pendant très longtemps, je n'osais pas. Et quand ma sœur a décidé d'écrire ce livre, elle m' a avertie. Elle s'est servie des cahiers de notre père pour toute la partie historique.  J'ai lu, évidemment, je n'ai pas essayé de l'empêcher, mais j'étais terrorisée.  

Les enfants des déportés, eux non plus, ce n'était pas leur faute. Tant qu'ils souffriront encore, je ne peux pas être indifférente et je ne peux pas dire ça me concerne pas. 

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Comment a-t-elle résisté à cette souffrance ?

Une amie médecin m'avait dit que la résilience c'est la résistance des métaux aux chocs, c'est aussi la faculté d'absorber les chocs, de rebondir et de résister. Elle m'avait dit d'ailleurs j'étais un très bel exemple de résilience. Je pense que c'était ça ou où j'étais détruite complètement ou je devenais folle ou alors je continuais et j'écrivais.

Anne Sylvestre évoque aussi longuement le souvenir de sa mère, alsacienne, ses origines allemandes; sa situation difficile, en porte à faux, son mariage très jeune. Son soutien indéfectible à son mari; Le souvenir du départ de chez elle, après la réquisition de leur appartement. 

Maman était cette sorte de femme qui sauve le père aux yeux des enfants. Elle n'a jamais dit quelque chose contre lui.

Le deuxième livre de ma sœur s'appelle "Les silences ou la vie d'une femme". Et c'est ça, c'est maman. C'était ça les silences...

Anne Sylvestre évoque la disparition de son frère aîné :" C'était  mon grand frère, le Dieu" et les relations difficiles ensuite avec son autre frère, sa mort à 30 ans, "On s'est manqué, on allait sans doute commencer à se trouver".

Une série d'entretiens proposée par Hélène Hazéra. Réalisation : Marie-France Thivot et Vincent Decque. Prise de son : Alexandre Dang.

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Bibliographie

Rediffusion du 30 décembre 2002 au 3 janvier 2003.

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