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Hubert Védrine
Épisode 1 :

L’ombre de François Mitterrand

28 min
À retrouver dans l'émission

Tout au long de sa vie, Hubert Védrine a admiré le même homme, François Mitterrand. L’ancien président socialiste, ami de jeunesse de son père, l’a influencé depuis les origines.

Hubert Védrine à Arcueil, en 1965.
Hubert Védrine à Arcueil, en 1965. Crédits : Archives personnelles Hubert Védrine

Hubert Védrine est né dans la Creuse en 1947 et depuis sa plus tendre enfance il a vécu dans l’ombre protectrice de François Mitterrand, qui deviendra son mentor, son parrain, puis l’homme qu’il admirera le plus, qui exercera sur lui une réelle fascination pendant toute sa carrière et auquel il restera toujours attaché. 

Le vrai grand problème de la France, ce n'est pas ce qui s'est passé après 1940, c'est 1940, l'effondrement absolu de la France, pire que la guerre de Cent Ans.

Ce lien avec l’ancien président de la République est un héritage de son père, Jean Védrine. Les deux hommes, qui ont eu un " coup de foudre amical ", ont vécu la même histoire : ils ont été fonctionnaires de Vichy avant d’entrer en résistance, prisonniers des Allemands en 1940. Un parcours somme toute assez classique au début de la guerre pour Hubert Védrine, qui a toujours été fier de son père. 

Le Commissaire aux prisonniers Maurice Pinot, voyant que Laval allait être réimposé par les Allemands, a fait donné la Francisque à tous les cadres du Commissariat, dont François Mitterrand, pour les protéger.

Dans cette résistance, il y avait le courant communiste, un courant gaulliste et le mouvement " Pin' Mitt' " dans le jargon de la résistance.

Hubert Védrine enfant, au fond devant le buffet avec sa maman Suzanne lors d' un goûter chez les Mitterrand rue Guynemer à Paris, dans les années 50.
Hubert Védrine enfant, au fond devant le buffet avec sa maman Suzanne lors d' un goûter chez les Mitterrand rue Guynemer à Paris, dans les années 50. Crédits : Archives personnelles Hubert Védrine

Indépendant, rétif aux modes et aux influences, Hubert Védrine s’ennuie à Sciences Pô. Il entre à l’ENA en traînant des pieds et de justesse (dernier au concours) et malgré une promotion " assez fun ", considère qu’il " n’y apprend pas grand-chose ". A l’époque, il se sent plutôt aventurier. Il rêve de voyages et d’ailleurs et observe 68 avec une  "distanciation ironique sympathique ". Il est inspiré par Jean Lacouture, qui dîne souvent chez ses parents et par Albert Camus, dont il connait par cœur des dizaines de pages. Il s’imagine un temps journaliste, fait un stage au Monde mais finit par être aspiré dans la haute administration par François Mitterrand, fréquent visiteur de la maison familiale, qui le prend sous son aile et l’envoie dans la Nièvre en 1978, pour être suppléant du député maire de Nevers Daniel Benoist. Mais ce genre de politique n’est pas sa tasse de thé. Il trouve sa voie trois ans plus tard, en 1981, quand François Mitterrand, tout juste élu, l’appelle à l’Elysée.

Je n'ai jamais eu envie de quitter l'Elysée pour faire une carrière politique au sens classique.

Une série d'entretiens produite par Isabelle Lasserre, réalisée par Julie Beressi. Prise de son : Sandrine Mallon. Attachée de production : Daphné Abgrall. 

Hubert Védrine en 1955.
Hubert Védrine en 1955. Crédits : Archives personnelles Hubert Védrine

Bibliographie sélective

Pour aller plus loin

Intervenants
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
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