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Hubert Védrine
Épisode 4 :

Ministre de la cohabitation

28 min
À retrouver dans l'émission

De 1997 à 2002, Hubert Védrine a été le chef de la diplomatie française. Ce fut l’une des périodes les plus excitantes de sa carrière. A droite comme à gauche, il a laissé des marques au Quai d’Orsay.

Hubert Védrine au quai d'Orsay, à Paris,  octobre 2001.
Hubert Védrine au quai d'Orsay, à Paris, octobre 2001. Crédits : Antonio RIBEIRO-Gamma-Rapho - Getty

Hubert Védrine, l’homme de François Mitterrand, est devenu le ministre des Affaires Etrangères de Jacques Chirac, sur proposition de Lionel Jospin, pendant la cohabitation. De 1997 à 2002, il n’a connu que peu de désaccords avec l’exécutif. Car si la cohabitation est par nature selon lui " une chose malsaine ", celle-ci s’est " bien passée ". Il faut dire qu’il bénéficiait à la fois de la confiance du président de la République et de celle de son Premier ministre. A peine se souvient-il de quelques " tiraillements ", mais il n’y a eu " aucun désaccords visibles ".

Certains hommes politiques étrangers étaient audacieux : Deng Xiaoping, cet homme qui dirigeait la Chine depuis son club de bridge. Yasser Arafat qui a eu le courage d'extirper toute une partie du mouvement palestinien du terrorisme. Yitzhak Rabin qui a dit une chose extraordinaire : "Je combattrai le terrorisme comme s'il n'y avait pas de processus de paix mais je poursuivrai le processus de paix comme s’il n’y avait pas de terrorisme."

Dernier jour du mandat de François Mitterrand, le 17 mai 1995. François Mitterrand et Hubert Védrine accueillent au palais de l'Élysée Jacques Chirac.
Dernier jour du mandat de François Mitterrand, le 17 mai 1995. François Mitterrand et Hubert Védrine accueillent au palais de l'Élysée Jacques Chirac. Crédits : Courtesy Claude Azoulay

Jacques Chirac avait une ouverture véritable à toutes les cultures non occidentales.

Apprécié par la gauche et par la droite, souvent comparé à Alain Juppé, Hubert Védrine est considéré comme l’un des grands ministres ayant dirigé la diplomatie française. Ses années au Quai d’Orsay ont été marquées par la guerre au Kosovo, qu’il a " co-décidée ". C’est aussi à cette époque qu’il formalise l’expression d’ " hyperpuissance américaine ".

Tout en critiquant le courant des " droits de l’hommisme ", il considère que chaque crise doit être abordée au " cas par cas ". De son expérience au Quai d’Orsay, il garde une certitude : " Aucun modèle d’action ne s’impose d’emblée ". Le seul regret de cette période qui restera l’une des plus importantes de sa vie est de ne pas avoir réussi à faire avancer la paix au Proche-Orient, malgré de gros efforts de la France, notamment, dit-il, parce que le président américain Bill Clinton " ne s’est pas assez engagé ". Il considère également que Paris aurait pu s’impliquer davantage sur les sujets africains. 

Une série d'entretiens produite par Isabelle Lasserre, réalisée par Julie Beressi. Prise de son : Sandrine Mallon. Attachée de production : Daphné Abgrall. 

Période Quai d'Orsay, relation étroite avec Helmut Kohl.
Période Quai d'Orsay, relation étroite avec Helmut Kohl. Crédits : Courtesy Claude Azoulay

Bibliographie sélective

Pour aller plus loin

Intervenants
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
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