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Le journaliste Ivan Levaï
Épisode 2 :

L’école de la méritocratie

30 min
À retrouver dans l'émission

Malheureux et malaimé à son domicile, Ivan Levaï est adopté par l’école de la République. Bon élève, il y grandit auprès de maîtres bienveillants et exigeants. L’un d’eux, via un journal-école, l’initie à la presse.

 Ivan Levaï enfant
Ivan Levaï enfant Crédits : Archives privées

A Ménilmontant, au lendemain de la guerre, l’école permet un brassage social salvateur pour Ivan Levaï, qui y oublie les brimades de son foyer. Il vit chez une tutrice qu’il baptise Folcoche, en référence à la cruelle mère du roman d’Hervé Bazin « Vipère au poing ». Il connaît une enfance douloureuse affectivement, multiplie les fugues et va jusqu’à faire des tentatives de suicide. Il incarne avant l’heure un modèle de résilience.

En 1949, suite à une fugue, je fuis "Folcoche", un jour de colère. Je couche dans les rues, j'ai froid, j'ai rien. Je me suis retrouvé avec une primo-infection des poumons, dans un préventorium, l'antichambre du sanatorium. J'y suis resté un an et demi, allongé toute la journée. Je faisais de la chainette et je lisais tous les poètes et les romanciers : Balzac, Dumas, Stendhal, Hugo. Et, j'ai découvert Georges Brassens avant Georges Brassens, son roman La Tour des miracles

"C'est au lit, malade, que j'ai beaucoup lu"

Ivan Levaï est formé sur les bancs de l'école par les hussards noirs de la République chers à Jules Ferry. Son instituteur de cours moyen lui propose d’être rédacteur-correcteur dans le journal fait par la classe. La graine de l’information est semée chez ce grand curieux. Bon élève, sensible à la poésie et à la culture, Ivan Levaï trouve le moyen d’assouvir sa curiosité et sa soif de savoir par les livres. Il complète son apprentissage en écumant les bibliothèques.

C'est dans la bibliothèque municipale que j'ai lu ce qu'on ne lit pas aujourd'hui, même la Nouvelle Héloïse. J'avais le choix de 9000 bouquins. Et comme les heures étaient longues, comme au préventorium,  je prenais tout ce qui me tombait sous la main. C'était formidable car je n'avais pas d'argent pour aller au cinéma. Je n'avais rien.

Grâce à la mère d’un copain, il assiste gracieusement à des représentations à l’Opéra de Paris. Il furète déjà dans les escaliers de service et les loges pour approcher les artistes. Ainsi grandit-il porté par sa culture, sa débrouillardise et la leçon de celle qu’il appelle tante Alice et auquel il sera fidèle toute sa vie « Mon garçon, sois bien simple ». 

Une série d'entretiens proposée par Caroline Bonacossa, réalisée par Doria Zenine. Prise de son : François Rivalan. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Bibliographie sélective

Intervenants
L'équipe
Production
Coordination
Avec la collaboration de
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