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Portrait du dessinateur Jacques Tardi en 2015
Épisode 2 :

Bande à part

30 min
À retrouver dans l'émission

Comment un jeune auteur trouve son chemin - ou ses chemins - dans l’effervescence créative des années 70. Les projets s’ajoutent aux projets dans un rythme effréné, et chez plusieurs éditeurs. En moins de dix ans de carrière, Tardi devient un auteur reconnu.

Portrait du dessinateur Jacques Tardi en avril 1983, France.
Portrait du dessinateur Jacques Tardi en avril 1983, France. Crédits : Olivier BOITET/Gamma-Rapho - Getty

Pilote, 1970. Tout le monde est là ou presque. A côté des personnages historiques comme Astérix, Lucky Luke ou Blueberry, on trouve une flopée de jeunes auteurs : Mézière, Gotlib et Bretécher, mais aussi Patrice Leconte et Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet et Alexis. Et aussi toute la bande d’Hara Kiri : Reiser, Gégé, Cabu, et les autres… C’est dans cette ruche qu’arrive Jacques Tardi, qui va se faire la main sur des histoires courtes imaginées le plus souvent par des scénaristes du journal.

On décèle rapidement le talent du jeune homme à qui l’on pense pour des projets plus ambitieux. En 1973, paraît « Rumeurs sur le Rouergue » sur un scénario de Pierre Christin, puis « Adieu Brindavoine », qu’il signe seul et qui témoigne une première fois de son obsession pour la première guerre mondiale. 

Je propose à Goscinny une histoire qui va s'appeler Adieu Brindavoine, avec son chapeau melon, son nez pointu. Mais je veux être le plus libre possible. C'est important car il y a en embryon Adèle Blanc-Sec et ce que je vais dessiner par la suite. Je dessine ce qui me fait plaisir.

Mais Tardi ne se sent pas très à l’aise dans le « chouette tas de copains » du journal Pilote :

C'était très sympathique, mais je ne me sentais pas vraiment faisant partie du journal. Les histoires en six, huit pages ça ne m'intéressait pas tellement, ce que je voulais c'était faire un truc de longue haleine.

Planche extraite de « Le savant fou », troisième volume des « Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc Sec » (Casterman)
Planche extraite de « Le savant fou », troisième volume des « Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc Sec » (Casterman) Crédits : Jacques Tardi © Casterman

Non pas qu’il soit un solitaire. On va d’ailleurs retrouver son nom au sommaire d’un certain nombre des journaux qui fleurissent à cette époque : Métal Hurlant, Bédé, l’éphémère hebdomadaire lancé par les éditions du Square du professeur Choron et de Wolinski, et même Ah Nana ! , le journal fait par des femmes pour les femmes…

Mais Tardi veut développer ses projets. Et il va trouver pour cela deux éditeurs auxquels il restera fidèle. D’abord Futuropolis, que viennent de créer Etienne Robial et Florence Cestac, et puis Casterman, maison pour laquelle il crée en 1975 - « l’année de la femme » - son héroïne Adèle Blanc Sec, avant de participer à l’aventure éditoriale du mensuel (A Suivre).

Une série d'entretiens proposée par Victor Macé de Lépinay, réalisée par Rafik Zénine. Prise de son Fabien Gosset. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

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