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Le réalisateur Jean-Paul Rappeneau au Festival du Film Français à Hollywood, le 21 avril 2016
Épisode 1 :

Une famille très inspirante

30 min
À retrouver dans l'émission

Jean-Paul Rappeneau a grandi au sein d'une famille marquée par de fortes personnalités, celle du grand-père maternel et des oncles, en particulier. Une famille qui pour lui est "le lieu du spectacle", et qui nourrira largement ses films.

Le réalisateur Jean-Paul Rappeneau, entouré des dessins de Max Douy, décorateur du film 'Le Sauvage'. Paris, octobre 2020• Crédits : Odile Conseil - Radio France
Le réalisateur Jean-Paul Rappeneau, entouré des dessins de Max Douy, décorateur du film 'Le Sauvage'. Paris, octobre 2020• Crédits : Odile Conseil - Radio France Crédits : Odile Conseil - Radio France

Jean-Paul Rappeneau plonge d’emblée dans le cinéma en évoquant d’abord Max Douy, le fameux décorateur de cinéma, dont deux dessins ornent les murs de son bureau – maquettes préparatoires pour les décors du film Le Sauvage.

C’était un honneur pour moi que Max Douy soit dans ce film (…) Il était déjà le grand décorateur dont j’ai admiré le travail pour Renoir dans La Règle du jeu et French Cancan, pour Clouzot dans Quai des Orfèvres, pour Autant-Lara dans Le Diable au corps et La Traversée de Paris, un film que j’adore. 

Dans son bureau de Jean-Paul Rappeneau un dessin de Max Douy, le décorateur du Sauvage. C’est l‘intérieur de la maison que le cinéaste a fait bâtir pour le film, dans une île au large du Venezuela.
Dans son bureau de Jean-Paul Rappeneau un dessin de Max Douy, le décorateur du Sauvage. C’est l‘intérieur de la maison que le cinéaste a fait bâtir pour le film, dans une île au large du Venezuela. Crédits : Archives privées Jean-Paul Rappeneau

Le cinéaste raconte longuement l’histoire de sa famille, et notamment des familles d’où viennent respectivement ses parents : un grand-père maternel colporteur en Suisse qui devient richissime homme d’affaires en France, dans l’installation de réseaux électriques. Une famille grand paternelle du Morvan, paysanne, un père que l’instituteur encourage à poursuivre sa scolarité, qui devient ingénieur et se fait embaucher par celui… qui deviendra son beau-père.

Je suis né en 1932, et j’aimerais parler de toutes ces années anciennes, avant la dernière guerre […] J’ai été pendant ces années imprégné de tant d’émotions, de sensations, de lectures, de rêves, de spectacles, de séparations, de voyages, d’amour, de pertes, de retrouvailles, de tableaux aperçus, de lieux, de paysages… tout ce qui compose, tout ce qui fait que la vie peu à peu vous remplit. Et maintenant je vois, quand je pense à mes films ou qu’on m’interroge sur eux, qu’au fond tout était en devenir dans l’expérience de ces années-là. 

Très vite, le petit Jean-Paul se distingue, au sein de sa famille, pour son art de raconter des histoires. 

Avant même de penser à quoi que ce soit qui soit projeté ou joué sur une scène j’étais, disait-on, un très bon « raconteur d’histoires » (…) Lors des repas qui réunissaient toute le famille dans le château (du grand-père), c’était « Jean-Paul, raconte-nous une histoire ». J’avais dans ma poche un papier où j’avais noté toutes les histoires que j’avais entendues ou que je voulais raconter.

En week-end dans la famille du grand-père paternel, entrepreneur aisé qui a acquis un château à Orléans, Jean-Paul Rappeneau garde du Front populaire un souvenir… particulier.

En 1936, à Orléans, sur la place du Martrois, (…) mon grand-père m’emmène voir un défilé du Front populaire . Le slogan c’était « Vive le Front populaire, les soviets partout ! », et moi je comprends « coculaire » et ensuite « les serviettes partout », donc au déjeuner du dimanche, je tourne la serviette autour de ma tête, (…) c’est ce qu’il faut faire !, dis-je quand on me questionne (…) Pour moi, la famille, c’est déjà l’endroit du spectacle.

Puis vient le temps de la « première fois au cinéma » :

Le seul film que j’ai vu avant la guerre, c’était Robin des Bois, de Michael Curtis, avec Errol Flynn, et donc pour moi le cinéma, c’était là où on se battait en duel. Et mine de rien, j’ai fait trois films où les gens se battent en duel.

A la Libération, l’arrivée des Américains s’accompagne d’une large diffusion de films US. Pour l’adolescent qu’est alors Jean-Paul Rappeneau, les séances se succèdent, jusqu’à la révélation.

Je vais (au cinéma) je ne sais pas combien de fois par semaine, je vois les grands westerns, les comédies musicales (…) et en 1947, Citizen Kane. Le cinéma commençait à chauffer pas mal dans nos têtes, avec les garçons de ma classe (…) En sortant de cette séance, je me vois encore dans la rue dire à mes camarades : c’est le seul métier possible.

Une série d'entretiens proposée par Odile Conseil, réalisée par Nathalie Salles. Prise de son : Georges Tho. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

Jean-Paul Rappeneau dans le bureau en octobre 2020 – « mon atelier », dit-il. Le paravent lui vient de sa mère, qu’un ami avait peint pour elle
Jean-Paul Rappeneau dans le bureau en octobre 2020 – « mon atelier », dit-il. Le paravent lui vient de sa mère, qu’un ami avait peint pour elle Crédits : Odile Conseil - Radio France

Pour aller plus loin

"Citizen Kane", le film qui a révolutionné le cinéma

8 films

  • Belles familles, Jean-Paul Rappeneau / France / 2015 
  • Bon voyage, Jean-Paul Rappeneau / France / 2002 
  • Cyrano de Bergerac, Jean-Paul Rappeneau / France / 1989 
  • Le Hussard sur le toi, Jean-Paul Rappeneau / France / 1994 
  • Les Mariés de l'an II,  Jean-Paul Rappeneau / France-Italie-Roumanie / 1970 
  • Le Sauvage, Jean-Paul Rappeneau / France, Italie / 1975 
  • Tout feu, tout flamme, Jean-Paul Rappeneau / France / 1982 
  • La Vie de château,  Jean-Paul Rappeneau / France / 1966
Chroniques
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20 min
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