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Jean-Paul Goude, le 16 septembre 2015, à New York
Épisode 2 :

L’Amérique

29 min
À retrouver dans l'émission

En 1970, le milieu artistique parisien reconnaît le talent de Jean-Paul Goude. Il part à New York où il est nommé directeur artistique du prestigieux magazine Esquire. Les grandes plumes du nouveau journalisme y écrivent : James Baldwin, Gay Talese, et Truman Capote.

Jean-Paul Goude dans les années 50
Jean-Paul Goude dans les années 50 Crédits : Archives privées Jean-Paul Goude

L’Amérique dont rêvait Jean-Paul Goude n’existait déjà plus lorsqu’il y arrive : c’était celle des années 1950. Elle avait disparu, mais il en trouve des traces à Manhattan, dans les livres d’art des belles librairies de la ville, dans les salles de spectacles et dans la mémoire de ceux qu’il côtoie. Il avait fait un premier voyage à New York avec les étudiants de sa promotion des Arts déco ; contrairement aux autres élèves, Goude connaissait déjà sur le bout des doigts les noms des dessinateurs américains ; il les vénérait. L’imaginaire et les villes de la côte Ouest des Etats-Unis ne lui plaisent pas autant que ceux de la côte Est. 

En 1970, il débarque à New York, embauché chez Esquire comme directeur artistique. Craignant de ne pas se montrer au niveau, il avait demandé à partager la direction artistique avec un ami dessinateur, Jean Lagarrigue. Au début, ils ne gagnent pas grand-chose. Goude, qui explique n’avoir jamais pensé devenir bédéiste, rencontre l’auteur de bande dessinée Robert Crumb, qu’il admire, puis Andy Warhol, à propos duquel il dit quelques mots dans ce volet d’« A voix nue ». 

Mais l’homme qui marque le plus Jean-Paul Goude est le rédacteur en chef d’Esquire, Harold Hayes. Ce fils d’un fleuriste d’origine grec l’impressionne par sa culture, son élégance et son professionnalisme. Comme Hayes, Goude est un perfectionniste. Puis, de fil en aiguille, par l’intermédiaire d’amis d’amis, il rencontre Grace Jones, la chanteuse née en Jamaïque, dont il retouche l’image alors qu’elle est dans le creux de la vague. C’est en travaillant à Esquire que Goude invente la « French correction » (l’expression est d’Harold Hayes), une façon de métamorphoser la silhouette et l’image de quelqu’un à l’aide de maquillage, de talonnettes et d’épaulettes en réalisant un travail de montage entre plusieurs photos. Cette méthode permet d’allonger le cou, les jambes, etc. Il la mettra en pratique avec Grace Jones, avec Farida Khelfa et dans ses publicités, pour Perrier par exemple. 

Dans ces entretiens, Jean-Paul Goude explique d’ailleurs de quelle façon il a commencé par métamorphoser son propre corps : il a porté des talonnettes, s’est donné une carrure avec des épaulettes, et il a allongé sa silhouette en portant des pantalons courts à taille haute.

Une série d'entretiens proposée par Virginie Bloch-Lainé, réalisée par Thomas Jost. Attachée de production : Daphné Abgrall. Prise de son : Gilles Galinaro. Coordination : Sandrine Treiner.

Pour aller plus loin

Bibliographie

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